Autoréférence

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Ouroboros, quand le serpent se mord la queue… »
« Tous les crétois sont des menteurs… affirmait le crétois Épiménide. »

« Notre dessein était d’atteindre la réalité physique ; en fait, ce que nous avons atteint, c’est le plus grand degré d’abstraction dont le cerveau humain soit capable. La boucle est ainsi fermée : nous sommes partis des perceptions que nous avons trouvées dans notre cerveau, et nous avons abouti à des systèmes de relations abstraites ayant pour siège également notre cerveau. »

Paul Chambadal, « À la recherche de la réalité physique », Blanchard, 1969, p. 244.


«  De l’absolue adéquation entre la vérité et l’erreur :
« La proposition suivante est absolument vraie ; ce qui précède est absolument faux ! « »

 Cf. Douglas Hofstadter, « Gödel, Escher, Bach »,
InterÉditions, 1985, intr.

 

 « … l’esprit humain, y compris la conscience et la pensée réflexive, peut être expliqué par des activités du système nerveux central qui, à leur tour, peuvent être réduites à la structure et à la fonction biologique de ce système physiologique. Ensuite, les phénomènes biologiques à tous les niveaux peuvent être intégralement compris en termes de physique atomique, c’est-à-dire par l’action et l’interaction des atomes de carbone, d’azote, d’oxygène, etc. Enfin, il faut admettre qu’un des éléments de base du système de la physique atomique, que l’on comprend désormais plus pleinement grâce à la mécanique quantique, est l’esprit. »

Hofstadter et D. Dennett, « Vues des l’esprit », InterÉditions, 1987, p. 48.

 

« « Si on arrive à construire une machine qui ne sait rien, a priori, de son environnement, mais qui est dotée d’une boucle sensori-motrice efficace, elle expérimentera et testera sa boucle de réaction/action, jusqu’à la rendre tellement robuste que, après de multiples générations, elle se débrouillera dans n’importe quel environnement ». En d’autres termes, pour Rodney Brooks, il est illusoire de doter une machine d’un « cerveau » où tout serait déjà préprogrammé en fonction des tâches à effectuer dans un environnement donné. Il est beaucoup plus intelligent de donner à la machine la capacité d’apprendre à apprendre, par essais et erreurs : c’est de là qu’émergera toute son intelligence. »

Christophe Jacquemin, http://www.automatesintelligents.com › mars 2000.

« Heinz von Foerster souligne le fait que les principes de circularité et d’auto-référence sont en conflit avec les principes les plus profondément enracinés de l’observation scientifique : l’objectivité et la séparation entre l’observateur et l’objet de l’observation. Le non-sens de cette exigence nous apparaît vite clairement. Si l’on considère que l’on exclut les caractéristiques de l’observateur, alors on devrait aussi mettre de côté sa capacité à décrire ce qu’il observe. Mais décrire est justement ce que fait l’observateur (…)
Avec la description de l’observateur, nous arrivons à ce que H. von Foerster appelle la plus grande découverte du XX e siècle. Toute personne qui utilise un appareil photo sait qu’elle modifie la situation (…) Ce n’est pas seulement que nous ne savons pas. C’est aussi que nous ne savons pas ce que nous ne savons pas. C’est une double ignorance ou une ignorance de second ordre. Toute observation révèle d’abord quelque chose de l’observateur lui-même. Toute personne qui prétend dire la vérité dévoile quelque chose d’elle-même mais pas la vérité. C’est la signification de la citation de H. von Foerster : « La vérité est l’invention d’un menteur  » (…)
Il en découle que la perception humaine n’est pas une représentation de la réalité mais est plutôt créée à partir des ressources internes de chacun. »

Detlef Lafrentz, (2011), Blandine Wong, trad.,  ww.feldenkraisnow.org