(voir aussi Simplicité)
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« Ainsi, nous considérons l’autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire à une obsession gratuite de frugalité, mais pour que le minimum, au cas où la profusion ferait défaut, nous satisfasse. Car nous sommes intimement convaincus qu’on trouve d’autant plus d’agréments à l’abondance qu’on y est moins attaché, et que si tout ce qui est naturel est plutôt facile à se procurer, ne l’est pas tout ce qui est vain. »
Épicure, « Lettre à Ménécée », Éditions Mille et une nuits, 1993.
« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. »
Louis Blanc, « Organisation du travail », 1839.
« Les grands besoins naissent des grands biens, et souvent le meilleur moyen de se donner les choses dont on manque est de s’ôter celles qu’on a : c’est à force de nous travailler pour augmenter notre bonheur, que nous le changeons en misère. Tout homme qui ne voudrait que vivre, vivrait heureux. »
Jean-Jacques Rousseau,
« Les pensées de Jean-Jacques Rousseau », 1764.
« Aujourd’hui, selon les calculs de Global Footprint Network, les besoins de l’humanité dépassent de 50 % les réserves de ressources renouvelables disponibles. Autrement dit, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires pour soutenir l’empreinte actuelle de l’humanité (…) Pour 2014, ce « jour de dépassement » est le mardi 19 août. À compter du 20 août et jusqu’à la fin de l’année, l’humanité va vivre en quelque sorte « à crédit » : pour continuer à boire, à manger, à se chauffer, à se déplacer, à produire, nous allons surexploiter le milieu naturel et compromettre sa capacité de régénération… »
Laetitia Van Eeckout, Le Monde.fr, 19-08-2014.
« La destruction brutale des plus grandes forêts vierges mondiales, au Brésil ou en Inde, affecte partout les conditions climatiques. Ce sont les raisons pour lesquelles il est devenu impératif d’appeler l’avènement d’une nouvelle Société et pas simplement celui d’un nouvel Ordre économique international. Cette nouvelle Société devra se fonder sur une limitation des besoins secondaires : la satisfaction des besoins vitaux de tous, définis objectivement – ce qui demande de prendre en compte la nature du travail que chacun fait et pas seulement les besoins physiques – doit être la première des priorités avant que l’on songe aux demandes marchandes de certains groupes qui doivent être examinées avec une extrême attention. L’économie ne doit plus être séparée de la culture et de l’éthique. »
« Miroir de l’Inde : études indiennes en sciences sociales »,
Éd.de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 1989.
Édité et traduit par Roland Lardinois.
« Il apparaît de plus en plus clairement que la viabilité de la civilisation, à long terme, nécessitera non seulement une stabilisation du nombre d’êtres humains, mais également une réduction colossale à la fois de la population et de la consommation.
Des estimations scientifiques prudentes, et de plus en plus fiables, laissent entendre que la capacité de charge de la Terre, à long terme, à un niveau de vie qui pourrait être défini comme « modérément confortable » selon les standards des pays développés, pourrait ne pas dépasser deux ou trois milliards de personnes (…)
Visiblement, un changement démographique de cette amplitude nécessitera une réorientation majeure de la pensée, des valeurs, des attentes et des modes de vie de l’humanité. Il n’y a pas de garanties quant au succès d’un tel programme. Mais si l’humanité échoue dans sa tentative, la nature imposera certainement une réalité encore plus dure. En tant qu’anthropologue, je crains que cette crise démographique et environnementale ne se révèle être la plus grande impasse écologique jamais rencontrée par notre espèce.
L’humanité doit reconnaître que la capacité maximale de la Terre a des limites physiques, biologiques et écologiques finies. Et si l’on en juge par les inquiétudes grandissantes sur le maintien de la qualité, de la stabilité et/ou de la durabilité de l’atmosphère, de l’eau, des forêts, des terres agricoles, des zones de pèche et de bien d’autres choses encore sur la planète, il y a peu de doutes quant au fait que beaucoup de ces limites seront bientôt atteintes, si elles n’ont pas déjà été dépassées. »
Kenneth Smail,
World Watch Magazine, sept.-oct. 2004, http://www.ac-strasbourg.fr.
« Ce n’est pas non plus en menant la vie d’un berger illettré ou en renonçant à toute forme de savoir que l’on devient simple ou minimaliste. C’est au contraire en élargissant sa conscience du monde et en communiant avec son immensité que l’on y parvient. »
Dominique Loreau,
« L’Art de la simplicité », Marabout, R. Laffont, 2005, p. 295.
[…] aussi Besoins, Croissance et Société de […]
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