Collectivisme

(voir aussi Utopie)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Quelles que soient les formes revêtues par la république, même la plus démocratique, si c’est une république bourgeoise, s’il y subsiste la propriété privée sur la terre, les usines et les fabriques, et si le capital privé y tient toute la société en état d’esclavage salarié, autrement dit si l’on n’y réalise pas ce que proclame le programme de notre parti et la Constitution soviétique, alors cette république est une machine qui sert aux uns à opprimer les autres (…) tant que l’exploitation existe, il ne peut y avoir d’égalité. Le propriétaire foncier ne peut être l’égal de l’ouvrier, l’affamé celui de l’homme repu. »

Lénine, « L’État et la Révolution », Les Éditions sociales, 1938.

 

 « Fourier imagine le « phalanstère ». Il s’agit d’un lieu associant logement et travail pour une « phalange », soit 1500 à 1600 personnes – 400 familles, les unes pauvres, les autres riches (…) Pas question, donc, de supprimer les inégalités : au sein du phalanstère, il y aura toujours des riches et des pauvres, même si des règles particulières permettront de « faire aux sociétaires pauvres l’avance d’un minimum, avec la certitude qu’ils auront gagné plus que leur dépense à la fin de l’année ». Pas question, non plus, de supprimer le marché : tout est vendu et, si le salariat est aboli, l’actionnariat ouvrier le remplace. Pas davantage question de supprimer la propriété privée : il s’agit au contraire de la généraliser, chacun ayant vocation à devenir actionnaire, de manière à ce que  » le pauvre (…), ne possédât-il qu’une parcelle d’action, qu’un vingtième », est propriétaire du canton entier en participation. Il peut dire : « Nos terres, notre palais, notre château, nos forêts, nos fabriques » : tout est sa propriété… »

Denis Clerc, « Charles Fourier (1772-1837) : l’utopie du phalanstère »,
http://www.creslr.org/fr/imgdyn/

 

 « Fondé en 1949 par un groupe de jeunes Juifs nés en Palestine et en Allemagne, Maagan Michaël est le plus grand kibboutz d’Israël, l’un des plus riches aussi, serrant entre la mer et les contreforts du Mont Carmel ses maisons noyées dans une végétation exubérante, sa piscine, son cinéma, ses installations sportives, son intranet et sa médiathèque, ses plages et ses champs, bassins de pisciculture et usines (…)
Coté démocratie, tout se décide lors des assemblées générales bimensuelles : depuis l’allocation d’une maison à un divorcé à l’acceptation d’un nouveau membre. Coté égalité, les revenus des activités du kibboutz sont répartis entre les membres qui perçoivent la même allocation.
Modeste, cette allocation garantit néanmoins un niveau de vie supérieur à la moyenne, la plupart des services – logement, éducation, formation, santé, laverie, sports, maison de retraite, aide en cas de handicap – étant gratuits.
« Le système collectiviste recule doucement », dit Uzi Lindner, responsable de l’élevage de carpes d’ornement pour la société Mag Noï à laquelle participe le kibboutz. Le slogan fondateur « chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » pâlit. »

Corinne Bensimon,
« Un riche bastion du collectivisme », mai 2008, http://www.lberation.fr.

 

« Tous les prévisionnistes supputaient, il y a une vingtaine d’années, la disparition des Amish dans le grand « melting pot » américain. Il n’en est toujours rien aujourd’hui. La vie en autarcie pratiquée par les Amish semble les protéger des grandes menaces que constituent les déviances dues à la surexploitation des ressources et à l’élaboration de nouvelles technologies. Ils produisent eux-mêmes ce qu’ils consomment et font absorber à leur bétail. Aussi, sont-ils protégés des OGM et, plus généralement, de tout ce dont l’impact sur l’environnement et la santé n’est que très mal maîtrisé par leurs créateurs. Farines animales et maïs transgénique sont inconnus chez eux. À découvrir cette société singulière, on ne peut qu’être amené à réfléchir sur bien des aspects de la nôtre… Les Amish, par leur respect des choses simples et essentielles de la vie, sont probablement, à l’heure actuelle, en avance sur les rêves les plus fous de fraternité, d’entraide, de solidarité, de respect d’autrui et de conservation de l’espèce… »

Marielou Dhumez,
« USA : Les Amish… Retour vers le passé », www.participez.com, 2003.

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