(voir aussi Apocalypse, Simplicité et Société de consommation)
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« Et Dieu les bénit, et leur dit : Croissez, et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, dominez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, et tous les animaux qui se meuvent sur la terre. Et Dieu vit que tout ce qu’il avait fait était très bon. »
Genèse, 1 :28
« On procrée. On promiscuite. On se sent fort d’être beaucoup (…) « Toujours plus de… « , c’est le mot d’ordre. Mais plus de quoi ? Plus de volupté ? Plus d’abîmes franchis et de couleurs neuves ? Non. Toujours plus d’enfants, plus de tonnes d’acier, plus de mètres carrés de surface habitable. C’est le cycle infernal de la natalité et du travail humain (…)
La civilisation de masse où se dilue, jour après jour, tout ce que nous aimons, est le produit de cette croissance folle. L’harassante expansion de l’économie et le conditionnement des individus à une sous-culture qui les rend similaires dans les plus bas niveaux de l’activité mentale, sont les deux faces d’un même phénomène, la natalité. Il est temps de dire : ça suffit, nous avons épuisé les joies du troupeau. »
Raymond Borde,
« L’extricable », Le Terrain Vague, 1970, p. 81-83.
« … partout on touche à un point où la dynamique de la croissance et de l’abondance devient circulaire et tourne sur elle-même. Où de plus en plus, le système s’épuise dans sa reproduction. Un seuil de patinage, où tout le surcroît de productivité passe à entretenir les conditions de survie du système. »
Jean Baudrillard,
« La Société de consommation », Gallimard, 1987, p. 44.
« Celui qui croit que la croissance peut-être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »
Kenneth E. Boulding (1910-1993)
« La Terre ne pourra supporter pendant longtemps la présence de plus d’un milliard d’individus ayant des exigences semblables aux miennes. Le choix pour demain est ainsi bien délimité : ou bien nous, les privilégiés du club des nantis, poursuivons notre quête sans fin de croissance de notre consommation et nous nous donnons les moyens de repousser les attaques des misérables qui voudront participer au festin (…) ou bien nous changeons radicalement d’objectif et nous nous orientons vers une répartition des richesses plus équitable et compatible avec les limites imposées par la nature. Ce n’est pas vers la « croissance zéro » que les nations riches doivent se diriger, mais vers une croissance négative la plus rapide possible. »
Albert Jacquard,
« À toi qui n’est pas encore né(e) », Calmann-Lévy, Poche, 2000, p. 79-80.
« Pour relancer la croissance, le Conseil d’analyse économique (CAE) propose notamment de recentrer l’intégration économique dans les domaines porteurs de croissance : les secteurs des transports, de l’énergie et des télécommunications, les services aux entreprises. Le CAE précise que des instances de régulation européenne doivent être créées et, dans le cas des services, que la législation du pays d’accueil doit s’appliquer aux personnels détachés. Le CAE prône également l’émergence d’une dizaine d’établissements supérieurs de recherche à stature mondiale, financés par l’Union européenne. »
www.vie-publique.fr 20-04-2006.
« Opposer écologie et croissance est une bêtise intellectuelle profonde. En réalité on ne peut pas améliorer l’environnement sans croissance. Ce n’est pas la croissance qui pollue, c’est la production. Si on veut changer la nature de la production, il faut évidemment croître. Croître autrement, pour transformer la production. »
Jacques Attali, Europe 1, 24 octobre 2007.
« La décroissance de l’économie fondée sur la valeur d’échange a déjà lieu et s’accentuera. La question est seulement de savoir si elle va prendre la forme d’une crise catastrophique subie ou celle d’un choix de société auto-organisée, fondant une économie et une civilisation au-delà du salariat et des rapports marchands dont les germes auront été semés et les outils forgés par des expérimentations sociales convaincantes. »
André Gorz,
« Crise mondiale, décroissance et sortie du capitalisme »
in « Ecologica », Éd. Galilée, 2008.
« En résumé, les énergies renouvelables n’ont pas assez de puissance pour compenser le déclin des énergies fossiles, et il n’y a pas assez d’énergies fossiles (et de minerais) pour développer massivement les énergies renouvelables de façon à compenser le déclin annoncé des énergies fossiles. Comme le précise Gail Tverberg, actuaire et spécialiste de l’économie de l’énergie, « on nous dit que les renouvelables vont nous sauver, mais c’est un mensonge. L’éolien et le solaire photovoltaïque font autant partie de notre système basé sur les énergies fossiles que n’importe quelle autre source d’électricité ».
P. Servigne, R. Stevens,
« Comment tout peut s’effondrer »,
Seuil, 2015, p.54.
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