(voir aussi Création, Finalisme et Foi)
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« Si les taureaux, les chevaux et les lions avaient été capables de peindre, ils auraient représentés les dieux en taureaux, chevaux ou lions ! »
Xénophane (VI e s. av. J.-C.)
« Dire que les dieux ont voulu établir en faveur des hommes l’ordre merveilleux qui règne dans la nature, que ce travail admirable exige nos hommages, et croire à cet ouvrage immortel ; soutenir que c’est un crime d’ébranler par des arguments impies les bases de l’édifice indestructible que la sagesse divine a construit, cela, Memmius, est une folie. En vérité, quel profit notre reconnaissance pourrait-elle apporter à ces êtres immortels et fortunés pour les amener à faire de nos plaisirs le but de leurs travaux ? »
Lucrèce, (1er s. av. J.-C.), « De la nature », V.
« … lorsque j’y pense avec plus d’attention, je trouve manifestement que l’existence ne peut non plus être séparée de l’essence de Dieu que de l’essence d’un triangle rectiligne la grandeur de ses trois angles égaux à deux droits, ou bien de l’idée d’une montagne l’idée d’une vallée, en sorte qu’il n’y a pas moins de répugnance de concevoir un Dieu, c’est-à-dire un être souverainement parfait, auquel manque l’existence, c’est-à-dire auquel manque quelque perfection, que de concevoir une montagne qui n’ait pas de vallée. »
René Descartes, « Méditations », V, 1641.
« Si un Dieu était créateur de ce monde plein de haine, ce serait un monstre à l’image de ses créatures humaines. »
Anonyme
« Quand Il a pétri le terre, Dieu a fait une grosse boulette. »
Alexandre Breffort (1901-1971)
« L’idée de Dieu, avec tous les concepts qui en découlent, nous vient des antiques despotismes orientaux. C’est une idée absolument indigne d’hommes libres. La vue de gens qui, dans une église, s’avilissent en déclarant qu’ils sont de misérables pêcheurs et en tenant d’autres propos analogues, ce spectacle est tout à fait méprisable. Leur attitude n’est pas digne d’êtres qui se respectent (…) Un monde humain nécessite le savoir, la bonté et le courage ; il ne nécessite nullement le culte et le regret des temps abolis, ni l’enchaînement de la libre intelligence à des paroles proférées il y a des siècles par des ignorants. »
Bertrand Russel,
« Pourquoi je ne suis pas chrétien », J.-J. Pauvert, 1960.
« Pourquoi Dieu devrait-il être aussi clairement présent dans la Bible et aussi visiblement absent du monde ? »
Karl Sagan (Contact, 10)
« … ce qui est extraordinaire, c’est qu’au tout premier instant de la Création (ère de Planck), dans cet univers de très hautes énergies où il n’existait pas encore d’interactions différenciées, l’univers avait une symétrie parfaite (…) L’énergie de la boule de feu primordiale était tellement élevée que les quatre interactions, la gravité, la force électromagnétique, la force nucléaire forte et la force de désintégration, étaient alors unifiées (…) Je crois que le plus grand message de la physique théorique des dix dernières années tient au fait qu’elle a pu déceler la perfection à l’origine de l’univers : un océan d’énergie infinie. Et ce que les physiciens désignent sous le nom de symétrie parfaite a pour moi un autre nom : énigmatique, infiniment mystérieux, tout-puissant, originel, créateur et parfait. Je n’ose le nommer, car tout nom est imparfait pour désigner l’Être sans ressemblance. »
Guitton, G. et I. Bogdanov,
« Dieu et la science », Grasset, 1991, p. 55-56.
« L’invention des dieux (…) résulte d’une démission de la raison, plus précisément d’une incapacité à accepter une évidence douloureuse, du moins pour certains : que la raison ne peut apporter des réponses à tout. Cette invention, comme toutes les inventions, a été utilisée parfois pour provoquer les pires fléaux, ainsi les effroyables guerres de religion. »
Albert Jacquard,
« Petite philosophie à l’usage des non-philosophes », Le Livre de Poche, 1999.
« Mortels, finis, limités, douloureux de ces contraintes, les humains travaillés par la complétude inventent une puissance dotée très exactement des qualités opposées : avec leurs défauts retournés comme les doigts d’une paire de gants, ils fabriquent les qualités devant lesquelles ils s’agenouillent puis se prosternent. Je suis mortel ? Dieu est immortel ; je suis fini ? Dieu est infini ; je suis limité ? Dieu est illimité ; je ne sais pas tout ? Dieu est omniscient ; je ne peux pas tout ? Dieu est omnipotent ; je ne suis pas doué du talent d’ubiquité ? Dieu est omniprésent. »
Michel Onfray,
« Traité d’athéologie », Grasset, Poche, 2005, p. 62.
« … de nombreux phénomènes naturels sont inconnaissables et ne pourront jamais être expliqués en termes réductionnistes classiques – par exemple, la conscience, la vie, l’émergence de l’autorégulation et une liste de plus en plus longue d’événements dans l’univers de la physique quantique. Il est temps, je crois, que les théologiens partagent avec les scientifiques leur monde merveilleux, « ineffable », celui d’un Dieu immanent, mais inconnaissable. »
James Lovelock,
« La revanche de Gaïa », Flammarion, 2007, p. 193.
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