(voir aussi Croissance et Simplicité)
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« L’homme avait, jusqu’ici, le sentiment qu’il logeait dans une nature immense, inépuisable, hors de mesure avec lui-même. L’idée ne pouvait lui venir qu’il aurait, un jour, à ménager, à épargner cette géante, qu’il lui faudrait apprendre à n’en pas gaspiller les ressources, à ne pas la souiller en y déposant les excréments de ses techniques. Or, voilà que, maintenant, lui, si chétif, et qui se croyait si anodin, il s’avise qu’on ne peut tout se permettre envers la nature ; voilà qu’il doit s’inquiéter pour elle des suites lointaines de son action. »
Jean Rostand,
« Inquiétudes d’un biologiste », Stock, Poche, 1967, p. 73.
« Les Verts fourmillent d’idées qui n’ont pas la pureté spectrale de la chlorophylle des plantes – pourtant, elles aussi, diverses et concurrentes dans leur écosystème forestier. L’idéologie des écologistes va du rouge au bleu. Les Verts totalitaires, parfois appelés écofascistes, aimeraient qu’un génocide élimine une grande partie de l’humanité, afin qu’une Terre parfaite leur soit confiée. À l’autre extrémité du spectre, certains rêvent de bien-être et de droits pour tous, comptant sur Gaïa, la chance ou le développement durable. Les Verts sont ceux qui ont pris conscience que l’homme portait préjudice à la nature et qui ont souhaité y remédier. Ils ont en commun la volonté de défendre l’environnement, mais diffèrent grandement quand il s’agit de trouver des solutions. »
James Lovelock,
« La revanche de Gaïa », Flammarion, 2007, p. 195.
« Le dogme de la croissance reste fixé comme objectif économique à l’UE, à l’opposé de ce qu’il conviendrait de faire pour assurer un avenir à l’humanité. Concrètement, ce dogme rend notamment insignifiantes les déclarations en faveur de la lutte contre les changements climatiques ; il s’oppose au combat contre le gaspillage et la maîtrise de la consommation énergétique. Il réduit les biens communs comme les services de première nécessité, l’eau ou la terre, l’éducation, la santé ou la culture à l’état de simple marchandise.
Un projet européen qui pose comme valeurs suprêmes la liberté du marché et la compétitivité n’est pas acceptable pour notre planète. Le libre-échange généralisé est en effet pour l’essentiel responsable des dérèglements écologiques et sociaux qui mettent en péril l’humanité elle-même ; incompatible avec l’objectif de développement durable prétendument poursuivi par l’Union européenne, le libre-échange allié à la croissance comme guide de toutes les activités ne peut que conduire au désordre planétaire et à la misère humaine. »
Paul Lannoye et Michèle Gilkinet, Grappe,
communiqué de presse, Namur, 2007.
« Des études non publiées des services de recherche d’Électricité de France (EDF) montrent que, lorsque les tarifs diminuent, les ménages modestes sont enclins à augmenter la température dans leur logement. Les ménages aisés ne sont pas en reste, avec le renouvellement frénétique des équipements de pointe. Quand un bien ou un service devient moins cher, on tend à en consommer une plus grande quantité, sans se poser de questions. Et, au-delà d’une température jugée suffisamment confortable, ce surplus financier sera consacré à l’acquisition d’autres biens de consommation (écran plasma, voyage en avion, téléphone « intelligent », etc.) dont le bilan carbone sera d’ailleurs, probablement, encore moins favorable à l’environnement. Au final, le bénéfice écologique de la technologie se réduit comme peau de chagrin — voire, dans certains cas, vire au négatif — par un ajustement des comportements individuels. Lesquels constituent pourtant la cible principale des campagnes officielles de communication sur le « développement durable », qui portent au pinacle la figure du « consommateur responsable » (…)
Certaines politiques sont directement mises en cause dans l’apparition d’un effet rebond. C’est le cas des normes de performance énergétique, qui favorisent l’émergence d’innovations technologiques. En effet, on mesure des températures tendanciellement plus élevées dans les habitations les plus récentes que dans le bâti ancien. Grâce aux techniques améliorant l’isolation et la ventilation, maintenir la température des pièces d’un logement à un niveau élevé ne pose plus de problème. Ainsi, une politique visant à réduire la consommation d’énergie a provoqué l’effet inverse… »
Cédric Gossart,
« Quand les technologies vertes poussent à la consommation »,
http://www.monde-diplomatique.fr. juillet 2010.
« La voiture électrique c’est un peu l’emblème des transports de demain. Exit l’essence ou le diesel, on aspire tous à rouler propre, un jour. Seulement, même si la voiture électrique n’émet pas de pollution à l’usage, cela ne veut pas dire qu’elle est verte à 100%. Eh oui, les anti-électriques avancent souvent l’argument des batteries ! C’est en prenant en compte tous les paramètres et pas seulement les émissions de carbone que l’Université des Sciences et des Technologies de Norvège a mesuré l’impact réel des voitures électriques et en a tiré quelques chiffres éloquents.
De prime abord, rien de bien nouveau avec les conclusions de l’étude norvégienne :
Si l’électricité de la voiture électrique ne provient pas d’énergies renouvelables, son avantage au niveau environnemental diminue considérablement ;
Au plus l’on conserve le véhicule électrique (en fonction notamment de la durée de vie des batteries), au plus on augmente les effets positifs sur l’environnement, par rapport aux véhicules classiques.
Cependant, à y regarder de plus près, les chiffres avancés par cette étude sont plutôt intéressants.
Ainsi, on apprend qu’en ne tenant compte que de la production du véhicule, une voiture électrique est deux fois plus dommageable pour l’environnement qu’un véhicule thermique. Ceci s’explique par les matériaux intervenant dans la fabrication des batteries, comme le lithium par exemple, une ressource naturelle qui va commencer à s’épuiser au fil du temps. »
http://www.consoglobe.com › Ecomobilité, déc. 2012.
« Si le bon sens suffit à le deviner, ce sont de surcroît des principes physiques élémentaires, ceux de linéarité de l’écoulement du temps et de non réversibilité des phénomènes qui confirment que les effets délétères de l’existence humaine sont strictement cumulatifs, sans réparation possible. Il n’est pas plus possible de rafraîchir le climat, de restaurer les rendements agricoles, d’empêcher l’acidification des océans ou la montée des eaux, de retirer les perturbateurs endocriniens et les métaux toxiques de la chaîne alimentaire de l’ensemble du vivant… que de ressortir la poudre du cacao de son chocolat chaud. Jusque-là, parce que nous avions à disposition suffisamment de ressources et d’énergie pour masquer la dégradation progressive de l’environnement, nous avons pu croire en la possibilité d’un développement infini. Mais ces ressources vont manquer à court terme et nous n’aurons rien pu réparer. »
Vincent Mignerot,
« L’écologie est-elle possible ?»,www.theorie-de-tout.fr/, 2013.
« L’effet Allee anthropogénique montre comment la déclaration de rareté ou de risque de disparition d’une espèce par les institutions compétentes précipite la réduction des effectifs de cette espèce et son extinction, par attraction commerciale (pour la collection, la domestication, les marchés du luxe), par développement d’un écotourisme provoquant la perturbation de l’équilibre vital, la détérioration de l’habitat ou simplement pour la chasse aux trophées.»
« L’effet rebond explique comment les potentielles économies d’énergie ou de ressources rendues possibles par l’utilisation de modes d’exploitation de l’environnement plus performants sont toujours partiellement ou complètement compensées par la réorganisation des comportements des consommateurs. L’individu focalise ses pensées, spontanément et involontairement, sur les modes de consommation présentés comme plus respectueux de l’environnement, ces pensées se substituent aux représentations induites par les conséquences destructrices de ces actes de consommation et maintiennent possibles ces destructions par leur occultation. »
Vincent Mignerot,
« Essai sur la raison de tout », Editions Solo, 2014, p.230.
[…] (voir aussi Apocalypse et Écologie) […]
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