Foi

(voir aussi Dieu, Fondamentalisme et Religion)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Nous ne pourrions pas même croire si nous n’avions pas des âmes raisonnables. Dans les choses qui appartiennent à la doctrine du salut et que nous ne pouvons pas comprendre encore, mais que nous comprendrons un jour, il faut que la foi précède la raison. »

 Saint Augustin, (IV e s. ap. J.-C.), « Lettres 120 ».

 

« C’est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison. »

Blaise Pascal, « Pensées », 1660.

 

 « … le soin des âmes ne saurait appartenir au magistrat civil, parce que son pouvoir est borné à la force extérieure. Mais la vraie religion consiste, comme nous venons de le marquer, dans la persuasion intérieure de l’esprit, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu. Ajoutez à cela que notre entendement est d’une telle nature, qu’on ne saurait le porter à croire quoi que ce soit par la contrainte. La confiscation des biens, les cachots, les tourments et les supplices, rien de tout cela ne peut altérer ou anéantir le jugement intérieur que nous faisons des choses. »

John Locke, « Lettre sur la tolérance », 1689.

 

 « L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait point d’horloger. »

Voltaire, « Les Cabales », 1772.

 

« Je ne peux donc jamais admettre Dieu, la liberté, l’immortalité en faveur de l’usage pratique nécessaire de ma raison, sans enlever en même temps à la raison spéculative ses prétentions injustes à des vues transcendantes. Car pour arriver à ces vues, il faut qu’elle emploie des principes qui ne s’étendent en fait qu’aux objets de l’expérience possible, mais qui, dès qu’on les applique à ce qui ne peut être un objet d’expérience, transforment réellement aussitôt cette chose en phénomène et déclarent impossible toute extension pratique de la raison pure. Je dus donc abolir le savoir afin d’obtenir une place pour la croyance. »

Emmanuel Kant, « Critique de la Raison Pure », préface, 1781.

« Quand on a la foi, on peut se passer de la vérité. »

F. Nietzsche (1844-1900)

 

 « Croyance : c’est le mot qui désigne toute certitude sans preuve. La foi est la croyance volontaire. La croyance désigne au contraire quelque disposition involontaire à accepter soit une doctrine, soit un jugement, soit un fait. On nomme crédulité une disposition à croire dans ce sens inférieur du mot. »

Alain, « Définitions », Gallimard, 1953.

 

« La foi soulève des montagnes, oui : des montagnes   d’absurdité. »

André Gide (1869-1951)

 

« Si tout doit avoir une cause, alors Dieu doit avoir une cause. S’il existe quelque chose qui n’ait pas de cause, ce peut être aussi bien le monde que Dieu, si bien que cet argument ne présente aucune valeur (pour démontrer l’existence d’un Créateur). »

Bertrand Russell,
« Pourquoi je ne suis pas chrétien », J.-.J. Pauvert, 1960, p. 25-26.

 

« Lorsque la foi devient haineuse, bénis soient ceux qui doutent ! »

Amin Maalouf

 

 « … la science moderne décrit dorénavant très bien les bases neurales et épigénétiques du besoin de croire. Celui-ci est apparu et s’est développé chez les hominiens dès que ceux-ci se sont rendu compte qu’ils étaient mortels. Pour affronter cette réalité décourageante, leur cerveau a généré des mythes consolateurs, à base de puissances tutélaires, d’au-delà, d’éternité. La capacité à entretenir ces mythes est devenue héréditaire et a permis à l’espèce d’éviter désespoir et suicide. Les athées eux-mêmes reconnaissent que les mêmes bases neurales de la croyance sont activées chez eux quand leur cerveau évoque des croyances plus matérielles, comme la foi irraisonnée au progrès, au triomphe de la vérité, lesquelles découlent elles aussi, si on les prend au pied de la lettre, d’une interprétation subjective d’un certain nombre d’observations statistiques. »

Jean-Paul Baquiast,
« Glissements progressifs… de la science à la manipulation », 22/02/2008, ww.automatesintelligents.com.

« … le besoin de croire, surtout dans le cadre d’un groupe, est inhérent à la nature humaine, probablement gravé dans celle-ci par la sélection naturelle parce que les populations qui croyaient en quelque chose avaient plus de chances que les autres de produire de la progéniture dans les conditions existantes, quelle que soit la vraisemblance de l’objet de la croyance. Historiquement, les religions ont répondu à ce besoin d’une manière exceptionnellement efficace, en proposant des mythes puissants qui s’adressaient directement aux sentiments d’émerveillement et d’effroi que les humains n’ont cessé d’éprouver face aux mystères du monde… »

Christian de Duve, « Génétique du péché originel », O. Jacob, Paris, 2009, p. 193.

 

2 réflexions sur “Foi

Les commentaires sont fermés.