(voir aussi Utopie)
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« Un idéal vit dans la tête humaine depuis des milliers d’années : ce n’est pas un idéal de justice, mais un idéal de paix et de bonheur, l’idéal d’une société où il n’y aurait ni mien ni tien, où tout serait à tous, où l’égalité et la fraternité seraient les seuls liens qui réuniraient les hommes : aux époques troublées de l’histoire, des penseurs généreux, Platon, Morus, Campanella, ont décrit cette société idéale en d’enchanteresses utopies, et des héros se sont levés et se sont sacrifiés pour l’établir. »
Paul Lafargue, Discours prononcé début 1895,
débat organisé à la Sorbonne entre J. Jaurès et P. Lafargue.
« La Jeunesse socialiste », nº 1 et 2.
« Les années 60 étaient celles du surgissement de la vie, de l’emballement militant, des excès d’une génération pensant s’approprier le monde. Le siècle s’amorçant semble bien morne, gris et vide en comparaison. Que diriez-vous à un jeune idéaliste pour lui remonter le moral ?
Que le monde marchand craque de toutes parts, qu’il est en train de s’effondrer en entraînant tous ceux qui s’attachent à lui, même en le combattant. Je veux dire qu’au lieu de rabâcher les mêmes critiques désespérées, il est temps de jeter les bases d’une société nouvelle, de construire l’autogestion en nous emparant des énergies alternatives et en les mettant au service des collectivités refusant d’avoir des comptes à rendre aux gestionnaires de la faillite mondiale et aux escrocs dont le pouvoir n’a d’autre soutien que la passivité et la résignation des masses. Ce que nous devons redécouvrir, c’est notre propre inventivité, c’est la conscience de notre richesse créative. Il faut cesser de geindre sur ce qui nous déconstruit et rebâtir notre vie individuellement et collectivement. »
Raoul Vaneigem (2008) http://www.inventin.lautre.net/contributions.html
« Chaque fois que je voyage dans le monde, je suis frappé par la bonne volonté, le talent et l’idéalisme des jeunes. Ils apportent d’importantes contributions à notre lutte contre la pauvreté, la propagation de la maladie et le changement climatique, et aussi pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. J’engage donc les États Membres à accroître l’investissement qu’ils consacrent à la jeunesse, de façon que les jeunes puissent faire plus encore. »
Ban Ki-moon, communiqué de presse des Nations Unies, www.un.org/press/fr, août 2010
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« Le kibboutz puise ses racines dans le parti Hapoel Hatzaïr, un parti politique influencé par le socialisme populiste russe, dont le principal inspirateur est Aharon David Gordon. L’idéal prôné est celui d’un socialisme rural, anti-industriel et anti-autoritaire, très marqué par l’anarchisme (refus des structures élues) (…)
Neta me confirme le changement idéologique intervenu depuis l’époque de ses grands-parents, arrivés dans le kibboutz dans les années 1920. « Mes grands-parents étaient très pauvres. Ils sont venus, guidés par l’idéal national, pour construire le pays de leurs mains. Mais à compter de la guerre des Six Jours, la ‘mission nationale’ s’est moins faite sentir« . Il se rappelle : « Au début des années 1970, le kibboutz a donné les premières télévisions à ses habitants, ils voulaient se sentir davantage ‘comme tout le monde’ « . Une anecdote qui traduit bien un changement d’époque, celui de la décennie 70-80, marquée par le développement du capitalisme (et, partant, de la société de consommation) et de l’individualisme (…)
Pour Muki Tsur, secrétaire général du Mouvement kibboutznik unifié dans les années 1990, l’évolution des kibboutzim est essentiellement liée à l’évolution de la société. « Notre société actuelle est devenue capitaliste, hiérarchique, essentiellement fondée sur l’idée de salaire et de responsabilités. Les premiers kibboutznikim étaient jeunes et pauvres, mais aujourd’hui les habitants réclament une meilleure qualité de vie. D’où un conflit entre ceux qui souhaitent s’adapter davantage à la nouvelle société capitaliste car ils la considèrent comme inéluctable et ceux qui veulent conserver les idéaux fondateurs du kibboutz comme modèle alternatif à la société de consommation« . »
« Kibboutz : la fin d’un idéal ? » © Jerusalem Post Edition Française, mars 2014.