(voir aussi Vide)
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« Ce que la science peut atteindre, ce ne sont pas les choses elles-mêmes, comme le pensent les dogmatistes naïfs, ce sont seulement les rapports entre les choses ; en dehors de ces rapports, il n’y a pas de réalité connaissable. »
Henri Poincaré, « La science et l’hypothèse », intr., Flammarion, 1920.
« … le chercheur croit certainement qu’à mesure que ses connaissances s’accroîtront, son image de la réalité deviendra de plus en plus simple et expliquera des domaines de plus en plus étendus de ses impressions sensibles. Il pourra aussi croire à l’existence d’une limite idéale de la connaissance que l’esprit humain peut atteindre. Il pourra appeler cette limite idéale la réalité objective. »
Albert Einstein et Léopold Infeld,
« L’Évolution des idées en physique », 1938.
« Ma main se sent touchée aussi bien qu’elle touche. Réel veut dire cela, rien de plus. »
Paul Valéry (1871-1945)
« La question de savoir ce qu’est une table en réalité ne présente aucun sens. Il en va de même ainsi de toutes les notions physiques. L’ensemble du monde qui nous entoure ne constitue rien d’autre que la totalité des expériences que nous en avons. Sans elles, le monde extérieur n’a aucune signification. Toute question se rapportant au monde extérieur qui ne se fonde pas en quelque manière sur une expérience, une observation, est déclarée absurde et rejetée comme telle.»
Max Planck,
« L’image du monde dans la physique contemporaine », (1922), Gonthier-Médiations, 1963.
« …nous pouvons observer et voir ce qui se passe dans notre tête, et nous ne pouvons observer ni voir rien d’autre. Le ciel étoilé que nous fait connaître la sensation visuelle est en nous. Le ciel étoilé auquel nous croyons est inféré. »
Bertrand Russel
in P. Chambadal, « À la recherche de la réalité physique »,
librairie A. Blanchard, 1969, p. 252.
« Au niveau subatomique, la matière n’existe pas avec certitude à des places définies, mais manifeste plutôt une « tendance à exister », et les événements atomiques ne surviennent pas avec certitude, mais manifestent plutôt des « tendances à survenir ». Dans la formulation de la théorie quantique, ces tendances sont exprimées comme des probabilités et sont associées aux quantités mathématiques qui prennent la forme d’ondes. »
Fritjof Capra,
« Le Tao de la Physique », Éd. Sand, 1975, p. 70.
« Nous construisons le monde, alors que nous pensons le percevoir. Ce que nous appelons « réalité » (individuelle, sociale, idéologique) est une interprétation, construite par et à travers la communication. »
Paul Watzlawick
in « L’invention de la réalité », 1981.
« Le monde extérieur, dont nous connaissons tous la « réalité » de manière intuitive, nous apparaît ainsi comme une création du système nerveux. Il s’agit, en quelque sorte, d’un monde possible, d’un modèle permettant à l’organisme de gérer la masse d’informations qu’il reçoit, et de la rendre utile dans la vie quotidienne. Ainsi, il nous faut définir une sorte de « réalité biologique » comme la représentation du monde extérieur que le cerveau d’une espèce donnée parvient à construire. »
O. Dyens, citant Jesper Hoffmeyer et François Jacob,
« La condition inhumaine », Flammarion, 2008, p. 34.
« Cette nouvelle « physique de l’information » [la théorie de la double causalité] se justifie par le caractère contre intuitif de la réalité qui nous est dépeinte par la physique actuelle : un espace-temps courbe et élastique, un temps spatialisé, une matière essentiellement vibratoire que l’on ne distingue même plus de l’espace lui-même. Il devient dès lors presque impératif de soutenir l’idée somme toute très logique que notre réalité apparente ne soit finalement qu’une construction du cerveau et que la vraie réalité soit plutôt un vaste champ d’informations très différent de ce que l’on perçoit. »
Philippe Guillemant,
«Théorie de la double causalité», Éditions du Temps, n°2, mars 2014.
« … le tissu de notre monde physique, l’espace lui-même, est un objet purement mathématique au sens où seuls ses propriétés intrinsèques sont des propriétés mathématiques – des valeurs telles que le nombre de dimensions, la courbure et la topologie.
… toute la « substance » de notre monde physique est constituée de particules élémentaires, qui s’avèrent à leur tour être des objets purement mathématique (…)
Nous avons vu qu’il existe quelque chose d’incontestablement plus fondamental que notre espace tridimensionnel et les particules qui l’habitent : la fonction d’onde et la région de dimension infinie, appelée espace de Hilbert, dans laquelle elle évolue [et qui sont également] des objets purement mathématiques. »
Max Tegmark,
« Notre univers mathématique – En quête de la nature ultime du Réel »,
Dunod, Poche, 2014.
[…] (voir aussi Raison et Réalité) […]
J’aimeJ’aime