(voir aussi Comprendre, Finalisme et Métaphysique)
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »
Gottfried W. Leibniz,
« Principes de la nature et de la grâce fondés en raison », 1740.
« Et si la science elle-même, sur le plan de l’explication causale, n’oserait se promettre de nous mener au repos de l’esprit, que sera-ce de la philosophie, avec la suite illimitée de ses « pourquoi », qui, sans doute, n’ont aucun sens, qui, sans doute, n’ont pas le droit de sortir d’une bouche humaine, mais que nous avons bien de la peine à ravaler quand la nausée métaphysique nous les fait monter à la gorge ! »
Jean Rostand,
«Ce que je crois », Grasset, 1953, p. 75.
« Une théorie unifiée, si elle est possible, se borne de toute façon à un ensemble de règles et d’équations. Qu’est-ce qui donne vie à ces équations et crée l’Univers qu’elles doivent décrire ? En suivant la règle qu’elle s’est fixée de construire un modèle mathématique, la science s’avère incapable d’expliquer pourquoi il devrait exister un Univers conforme à ce modèle. Pourquoi l’Univers se donne-t-il tant de mal pour exister ? La théorie unifiée serait-elle dotée d’une telle force qu’elle se mettrait au monde elle-même ? Ou bien a-t-elle besoin d’un Créateur et, dans ce cas, joue-t-il un rôle dans l’Univers ? Et qui l’a créé, Lui ? »
Stephen Hawking,
«Une belle histoire du temps », Flammarion, 2005, p. 163.
« À en croire un cliché fastidieux (et qui à la différence de beaucoup d’autres n’est même pas vrai), la science s’occuperait du comment alors que seule la théologie aurait les moyens de répondre au pourquoi (…) Ce n’est pas parce qu’une question peut être formulée dans une phrase grammaticalement correcte qu’elle a un sens (…) Peut-être y a-t-il des questions vraiment profondes et sensées qui échapperont toujours au domaine de la science. Peut-être la théorie quantique frappe-t-elle déjà à la porte de l’insondable. Mais si la science ne peut répondre à telle question fondamentale, qu’est-ce qui donne à penser que la religion puisse y répondre ? »
Richard Dawkins,
«Pour en finir avec Dieu », Perrin, 2009, p. 77.
« Pourquoi le pourquoi ? (…) Nous seuls (de tous les êtres vivants terrestres) percevons notre existence comme une trajectoire dotée de sens (signification et direction). Un arc. Une courbe allant de la naissance à la mort. Une forme qui se déploie dans le temps, avec un début, des péripéties et une fin. En d’autres termes : un récit. »
Huston Nancy,
« L’espèce fabulatrice », Actes Sud, 2008, p. 14