Société de consommation

(voir aussi Croissance, Mondialisation et Simplicité)

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Il y a quelque chose de plus dans l’amoncellement que la somme des produits : l’évidence du surplus, la négation magique et définitive de la rareté, la présomption maternelle et luxueuse du pays de Cocagne. Nos marchés, nos artères commerciales, nos Superprisunic miment ainsi une nature retrouvée, prodigieusement féconde : ce sont nos vallées de Canaan où coulent, en fait de lait et de miel, les flots de néon sur le ketchup et le plastic, mais qu’importe ! L’espérance violente qu’il y en ait non pas assez, mais trop et trop pour tout le monde, est là… »

Jean Baudrillard,
« La société de consommation », Denoël, 1970, p. 19.


« Les énormes firmes de relations publiques, de publicité, d’art graphique, de cinéma, de télévision… ont d’abord pour fonction de contrôler les esprits. Il faut créer des « besoins artificiels », et faire en sorte que les gens se consacrent à leur poursuite, chacun de leur côté, isolés les uns des autres. Les dirigeants de ces entreprises ont une approche très pragmatique: « il faut orienter les gens vers les choses superficielles de la vie, comme la consommation. » Il faut créer des murs artificiels, y enfermer les gens et les isoler les uns des autres. »

Entretiens de Noam Chomsky avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz,
Éditions des Arènes, 2001.

 

« … si la morale est quelque peu bafouée, c’est parce que la technique de vente employée (la manipulation) vous conduit à consommer non sur la base de votre raison, ni sur la base de vos désirs, mais sur celle d’une technologie des circonstances qui vous prédispose à acheter ceci plutôt que cela. Mais, après tout, aurait-il été plus moral d’inciter un client potentiel à utiliser la savonnette Eurêka avec une technique purement persuasive ? (…) plus moral mais à une condition qui n’échappera à personne : c’est que tout ce qui vient d’être dit des vertus de la savonnette Eurêka soit vrai… ! »

 Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois,
« Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens »,

PUG, 2002, introd., p. 225.

 

« Un photographe connu a rapporté, après avoir enquêté dans le monde entier, qu’en Mongolie un habitant possède en moyenne 300 objets à lui seul et qu’un Japonais en possède 6 000. »

Dominique Loreau,
« L’Art de la simplicité », Marabout, Laffont, 2005, p. 47.

 

 « Désormais, chaque enfant, chaque adolescent, chaque adulte se trouve à la croisée d’un choix : s’épuiser dans un monde qu’épuise la logique d’une rentabilité à tout prix, ou créer sa propre vie en créant un environnement qui en assure la plénitude ou l’harmonie. Car l’existence quotidienne ne se peut confondre plus longtemps avec cette survie adaptative à laquelle l’ont réduite les hommes qui produisent la marchandise et sont produits par elle.»

Raoul Vaneigem,
« Avertissement aux écoliers et lycéens », Mille et une nuits, n°69, p. 15.

« Alors que la technique de matraquage consistait à répéter, un maximum de fois et en un minimum de temps, la marque ou le nom du produit qu’il fallait imposer sur le marché, de nombreuses séquences publicitaires négligent superbement de préciser ce dont il est question. Au subconscient d’effectuer le travail de sape nécessaire pour que l’esprit critique ne puisse interférer dans l’éveil du nouveau désir. Une allusion subtile, les premiers mots d’un slogan déjà intériorisé, quelques notes de musique suffiront à raviver le souvenir inconscient, comme chez l’individu préalablement conditionné sous hypnose. Une fois l’objet ou le « service » imposé sur le marché, la publicité peut se payer le luxe d’être séduisante pour elle-même. Son coût exorbitant rentre dans les frais généraux de la multinationale. Ce sera toujours le consommateur, en fin de compte, qui réglera le surcoût. Notre perte d’autonomie ne pèse guère face à la peur d’un manque à gagner. La boulimie consumériste est devenue obsessionnelle : il nous faut profiter d’une promotion, des soldes, des fluctuations de la Bourse, de notre temps de vacances, bref de la vie ! Et nous vivons dans une frénésie du shopping, dans une course compulsive pour ne pas rater une bonne affaire, dans les brocantes, les souks, les catalogues d’achat par correspondance, les bazars, les faillites, les braderies… tandis que s’aggravent les inégalités entre ceux qui ont trop de tout et les endettés qui ont moins que rien. »

Yves Thelen,
« Eveil à l’esprit philosophique »,
L’Harmattan, 2009, p. 113.

 

Mondialisation

(voir aussi Alter-mondialisme et Croissance)

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Aujourd’hui les numéros consomment une sous-culture à diffusion mondiale instantanée. À Vannes, à San Francisco, à Odessa, dans les buildings interchangeables de la promiscuité universelle, l’enchaînement du quotidien est atterrant de similitude (…) Quelque part en un point de la circonférence, quelqu’un lance un air de twist ou un motet d’Albinoni, et les cinq continents se trouvent programmés (…) Tout cela file de cervelle en cervelle, à hauteur d’homme, comme un nuage de flèches qui encercle la terre (…) ça jaillit, ça circule dans les boîtes crâniennes de l’infernale champignonnière, dans la fosse commune des agités vivants. »

Raymond Borde,
« L’extricable », Le Terrain Vague, 1970, p. 67-68.

 

 « À notre époque de mondialisation libérale, le marché est l’instrument par excellence de l’unique pouvoir digne de ce nom, le pouvoir économique et financier. Celui-ci n’est pas démocratique puisqu’il n’a pas été élu par le peuple, n’est pas géré par le peuple, et surtout parce qu’il n’a pas pour finalité le bonheur du peuple. »

José Saramago,
« Que reste-t-il de la démocratie ? », http://www.monde-diplomatique.fr/2004.

«  La situation est simple : les forces du marché prennent en main la planète (…) Si cette évolution va à son terme, l’argent en finira avec tout ce qui peut lui nuire, y compris les États, qu’il détruira peu à peu (…) tout sera privé, y compris l’armée, la police et la justice. L’être humain sera alors harnaché de prothèses, avant de devenir lui-même un artefact, vendu en série à des consommateurs devenant eux-mêmes artefacts (…)
Enfin, si la mondialisation peut être contenue sans être refusée, si le marché peut être circonscrit sans être aboli, si la démocratie peut devenir planétaire tout en restant concrète, si la domination d’un empire sur le monde peut cesser, alors s’ouvrira un nouvel infini de liberté, de responsabilité, de dignité, de dépassement, de respect de l’autre. »

Jacques Attali,
« Une brève histoire de l’avenir »,
Fayard, 2006, avant-propos, p. 9-11.

« Au nombre des répertoires topiques associés à la mondialisation, on comptera ainsi la soumission du politique à l’économique, avec pour présupposé leur artificielle dissociation ; la domination sans faille d’une idéologie « ultra- » ou « néo-libérale » ou, plus classiquement, libérale ; la disparition de la classe dominante au profit de flux financiers « sans visages » ; l’avènement de « transnationales » mondiales à l’actionnariat géographiquement éclaté et au management apatride ; ou encore la condamnation d’un capitalisme « parasitaire« , celui des fonds de pension anglo-saxons, et la reconnaissance a contrario d’un capitalisme « sain« , celui de l’industrie, des biens et services (…)
… alors même que le politique est donné pour chancelant, impuissant pour ne pas dire absent, l’économique est perçu, à son tour, comme immatériel, impalpable, sinon même étranger dans tous les sens du terme (…)
… un constat s’impose donc : la négation de tout rattachement des entreprises à une quelconque puissance nationale est bien faite, consciemment ou non, pour empêcher toute réflexion sur les relations organiques entre État et capital ; et pour évacuer, par la même occasion, la problématique des responsabilités proprement politiques dans l’évolution actuelle du monde. »

Geoffrey Geuens
in « Les nouveaux mots du pouvoir », Durand dir.,
Éd. Aden, Bruxelles, 2007, p. 258-260.

 

 « La mondialisation actuelle a certes des précédents, mais elle est singulière. Elle est la combinaison de trois « globalisations » : globalisation des firmes, globalisation de la finance et globalisation numérique. Nous la caractérisons comme une généralisation des compétitions : mise en compétition généralisée de l’ensemble des territoires et des sédentaires qui les habitent par les firmes globales, des acteurs nomades par excellence ; mise en compétition généralisée des firmes globales par les investisseurs institutionnels de la finance globale de marché. Ce processus aggrave fortement certaines inégalités et en réduit spectaculairement d’autres (…) La mondialisation favorise les émergences rapides et provoque des fragmentations. Elle n’unifie pas le monde, elle le morcelle. »

Pierre-Noël Giraud, « La Mondialisation, émergences et fragmentations »
Sciences Humaines Éditions, 2012, conclusion, p. 8.

 

Culture

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Aujourd’hui les numéros consomment une sous-culture à diffusion mondiale instantanée (…) Quelque part en un point de la circonférence, quelqu’un lance un air de twist ou un motet d’Albinoni, et les cinq continents se trouvent programmés (…)
Car la vitesse de transmission s’exerce aux dépens de la chose transmise, qui est simplifiée, trahie, réduite à l’état de météore futile. Ainsi dans le monde entier, les crânes multiples du robot sont traversés par les mêmes signaux. Avec sa belle conscience d’animal supérieur, l’espèce humaine maçonne les têtes vides, front contre front, comme des briques. »

Raymond Borde,
« L’extricable », Éric Losfeld, 1970, p. 66-68.

« La nouvelle soupe est celle de la culture humaine (…) Tout comme les gènes se propagent dans le pool génétique en sautant de corps en corps par le canal des spermatozoïdes et des ovocytes, les mèmes se propagent dans le pool des mèmes en sautant de cerveau en cerveau (…) Comme mon collègue N.K. Humphrey l’a résumé clairement : « les mèmes devraient être considérés comme des structures vivantes, non simplement métaphoriquement, mais techniquement. Lorsque vous plantez un mème fertile dans mon esprit, vous parasitez littéralement mon cerveau, le transformant en un véhicule pour la propagation du mème, exactement comme un virus peut parasiter le mécanisme génétique d’une cellule hôtesse »… »

Richard Dawkins,
cité par D. Hofstadter et D. Dennett, « Vues de l’esprit », InterÉditions, 1987, p. 149.

 

 « … certaines séries françaises destinées aux adolescents résistent avec un franc succès à la concurrence américaine (…) Servie par un amoncellement de clichés, l’idéologie de ces programmes est d’une grande transparence : l’alcool mène à la violence ; on revient drogué d’Amsterdam ; la fidélité est garante du bonheur ; l’Amérique est un pays de cocagne…
Comblé malgré tout, le producteur devient maintenant sentencieux : « La fiction, c’est le patrimoine. C’est ce qui crée des emplois et peut être exporté. Si on veut battre les Américains, il faut faire du patrimoine… »
Le rayonnement intellectuel de la France est en de bonnes mains. Enfin, l’Europe de la culture s’est mise en marche. »

Serge Halimi,
« Séries télévisées et bonheur conforme », www.monde-diplomatique.fr, 1993.

« Les musées livrent à tous, comme un héritage public, les monuments d’une splendeur passée, instruments de la glorification somptuaire des grands d’autrefois : libéralité factice, puisque l’entrée libre est aussi entrée facultative, réservée à ceux qui, dotés de la faculté de s’approprier les œuvres, ont le privilège d’user de cette liberté et qui se trouvent par là légitimés dans leur privilège, c’est-à-dire dans la propriété des moyens de s’approprier les biens culturels… »

Pierre Bourdieu, Alain Darbel,
« L’amour de l’art », Éd. de Minuit, 1969, p. 166-167.

Collectivisme

(voir aussi Utopie)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Quelles que soient les formes revêtues par la république, même la plus démocratique, si c’est une république bourgeoise, s’il y subsiste la propriété privée sur la terre, les usines et les fabriques, et si le capital privé y tient toute la société en état d’esclavage salarié, autrement dit si l’on n’y réalise pas ce que proclame le programme de notre parti et la Constitution soviétique, alors cette république est une machine qui sert aux uns à opprimer les autres (…) tant que l’exploitation existe, il ne peut y avoir d’égalité. Le propriétaire foncier ne peut être l’égal de l’ouvrier, l’affamé celui de l’homme repu. »

Lénine, « L’État et la Révolution », Les Éditions sociales, 1938.

 

 « Fourier imagine le « phalanstère ». Il s’agit d’un lieu associant logement et travail pour une « phalange », soit 1500 à 1600 personnes – 400 familles, les unes pauvres, les autres riches (…) Pas question, donc, de supprimer les inégalités : au sein du phalanstère, il y aura toujours des riches et des pauvres, même si des règles particulières permettront de « faire aux sociétaires pauvres l’avance d’un minimum, avec la certitude qu’ils auront gagné plus que leur dépense à la fin de l’année ». Pas question, non plus, de supprimer le marché : tout est vendu et, si le salariat est aboli, l’actionnariat ouvrier le remplace. Pas davantage question de supprimer la propriété privée : il s’agit au contraire de la généraliser, chacun ayant vocation à devenir actionnaire, de manière à ce que  » le pauvre (…), ne possédât-il qu’une parcelle d’action, qu’un vingtième », est propriétaire du canton entier en participation. Il peut dire : « Nos terres, notre palais, notre château, nos forêts, nos fabriques » : tout est sa propriété… »

Denis Clerc, « Charles Fourier (1772-1837) : l’utopie du phalanstère »,
http://www.creslr.org/fr/imgdyn/

 

 « Fondé en 1949 par un groupe de jeunes Juifs nés en Palestine et en Allemagne, Maagan Michaël est le plus grand kibboutz d’Israël, l’un des plus riches aussi, serrant entre la mer et les contreforts du Mont Carmel ses maisons noyées dans une végétation exubérante, sa piscine, son cinéma, ses installations sportives, son intranet et sa médiathèque, ses plages et ses champs, bassins de pisciculture et usines (…)
Coté démocratie, tout se décide lors des assemblées générales bimensuelles : depuis l’allocation d’une maison à un divorcé à l’acceptation d’un nouveau membre. Coté égalité, les revenus des activités du kibboutz sont répartis entre les membres qui perçoivent la même allocation.
Modeste, cette allocation garantit néanmoins un niveau de vie supérieur à la moyenne, la plupart des services – logement, éducation, formation, santé, laverie, sports, maison de retraite, aide en cas de handicap – étant gratuits.
« Le système collectiviste recule doucement », dit Uzi Lindner, responsable de l’élevage de carpes d’ornement pour la société Mag Noï à laquelle participe le kibboutz. Le slogan fondateur « chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » pâlit. »

Corinne Bensimon,
« Un riche bastion du collectivisme », mai 2008, http://www.lberation.fr.

 

« Tous les prévisionnistes supputaient, il y a une vingtaine d’années, la disparition des Amish dans le grand « melting pot » américain. Il n’en est toujours rien aujourd’hui. La vie en autarcie pratiquée par les Amish semble les protéger des grandes menaces que constituent les déviances dues à la surexploitation des ressources et à l’élaboration de nouvelles technologies. Ils produisent eux-mêmes ce qu’ils consomment et font absorber à leur bétail. Aussi, sont-ils protégés des OGM et, plus généralement, de tout ce dont l’impact sur l’environnement et la santé n’est que très mal maîtrisé par leurs créateurs. Farines animales et maïs transgénique sont inconnus chez eux. À découvrir cette société singulière, on ne peut qu’être amené à réfléchir sur bien des aspects de la nôtre… Les Amish, par leur respect des choses simples et essentielles de la vie, sont probablement, à l’heure actuelle, en avance sur les rêves les plus fous de fraternité, d’entraide, de solidarité, de respect d’autrui et de conservation de l’espèce… »

Marielou Dhumez,
« USA : Les Amish… Retour vers le passé », www.participez.com, 2003.

Climat

(voir aussi Apocalypse et Écologie)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Réchauffement de l’atmosphère, montée et acidification des océans… L’un après l’autre, les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dressent un tableau sombre de l’évolution de notre climat. Ce groupe, qui compile près de 20 000 études de plus de 800 chercheurs, a publié la synthèse de son cinquième rapport (nov. 2014)
« Le réchauffement du système climatique est sans équivoque et, depuis les années 1950, beaucoup de changements observés sont sans précédent depuis des décennies voire des millénaires. L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, la couverture de neige et de glace a diminué, le niveau des mers s’est élevé et les concentrations des gaz à effet de serre ont augmenté. »
95 % : c’est le degré de certitude, qualifié d’ « extrêmement probable », que « l’activité humaine est la cause principale du réchauffement observé » depuis le milieu du XXe siècle (…)
Le niveau des océans en 2100 par rapport à la période 1986-2005 pourrait s’élever de quasiment un mètre, dans le scénario le plus pessimiste. Selon le dernier rapport du GIEC, les océans se sont élevés de 19 cm depuis la fin du XIXe siècle (…)
-70 %, c’est la réduction nécessaire des émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2 mais aussi méthane et protoxyde d’azote) en 2050 par rapport à leur niveau de 2010 pour maintenir la hausse moyenne des températures en dessous de 2 °C, selon le dernier rapport. Mais « depuis 2010, les émissions augmentent plus vite encore que dans les décennies précédentes », a déploré Rajendra Pachauri, le président du GIEC. La concentration de ces gaz atteint désormais « des niveaux sans précédent depuis au moins 800 000 ans » ».

Alexandre Pouchard,
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/11/04/climat

« Le livre de Vahrenholt et Lüning ( Die Kalte Sonne – Le soleil froid ) comporte plus de 800 citations de littérature scientifique revue par les pairs, et 80 graphes sélectionnés. Les auteurs estiment, démonstration à l’appui, que les 12 dernières années marquées par un léger refroidissement global alors que les taux de CO2 augmentaient ne sont pas une péripétie secondaire dans une tendance longue alarmante, mais au contraire un élément important du débat qui remet en cause les modèles utilisés par le GIEC. Et surtout, ils arrivent à la conclusion que les variations d’activité solaire sont bien plus importantes pour le climat terrestre, que l’évolution du taux de CO2. »

Vincent Bernard,
« Changement climatique : l’effet Vahrenholt refroidit une Allemagne de plus en plus sceptique »,
http://www.objectifliberte.fr/, 2012.

« Depuis la fin des années 1990, les climatologues constatent le ralentissement du réchauffement de l’atmosphère. Selon les estimations du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC), le rythme du réchauffement de 1998 à 2012 s’établit à 0,05 °C1. Soit beaucoup moins que les 0,12 °C d’augmentation moyenne du thermomètre à chaque décennie depuis 1951. Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à voir dans cette quasi « pause climatique » la confirmation des thèses climato-sceptiques. Une conclusion hâtive, dans la mesure où les autres signes du changement climatique (fonte des glaces, montée du niveau des mers)) n’ont, eux, pas du tout faibli (…)
Selon une étude sino-américaine publiée vendredi dans la revue Science, les causes profondes de ce ralentissement sont plutôt à chercher du côté de l’Atlantique (…)
Pour Ka-Kit Tung, le phénomène pourrait encore durer une dizaine d’années avant que ce « réservoir à chaleur » se vide à nouveau : « Quand cette variabilité interne du climat, responsable de l’actuelle pause, s’inversera, et elle s’inversera, un nouvel épisode d’accélération du réchauffement climatique devrait suivre », lâche-t-il. La hausse du thermomètre pourrait alors franchir un nouveau seuil, comme régulièrement depuis le début du siècle dernier. »

Jason Wiels,
http://www.Le Poinr.fr 08/2014.

« Réchauffement climatique : « Un point de non-retour a été atteint « .
Selon plusieurs études scientifiques, la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique pourrait atteindre entre 1 et 3 mètres d’ici 2100.
Deux études ont en effet été publiées lundi 12 mai dernier. La première, parue dans la revue scientifique Geophysical Research Letters a été menée par des chercheurs de la Nasa (…)
Le même jour, une seconde étude était publiée dans le journal Science. Cette étude a été réalisée par une équipe de scientifiques de l’Université de Washington. Ces derniers se sont penchés sur un seul glacier, celui de Thwaites, en Antarctique (…) « ce glacier agit comme un pivot qui pourrait entraîner avec lui le reste de la banquise«  explique le rapport. Cette même banquise qui contient assez d’eau pour faire monter le niveau des eaux de 3 mètres !
(…) les dernières prévisions sont si cataclysmiques qu’aux États-Unis, certains groupes d’écologistes s’avouent vaincus et renoncent à la lutte. »

Paul Monin, http://www.aleteia.org 05/2104

« Qui finance les climato-sceptiques ? C’est une question que s’est posée un chercheur américain. Car le financement des études climato-sceptiques y est pour le moins opaque. Il a effectué un travail de fourmi pour définir qu’un peu moins d’un milliard de dollars de fonds transitent par des fondations appartenant souvent à de grands industriels, miniers, banquiers ou magnats du pétrole (…)
Ces fondations, qui garantissent l’anonymat des mécènes, font donc, dans l’ombre, un intense travail de lobbying, poursuit François Gemenne (coauteur du livre « Controverses climatiques ») : « Ce sont très clairement des intérêts industriels à protéger. Et très clairement, en attaquant la science du climat, ce qu’ils cherchent à attaquer en réalité ce sont les politiques qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre. C’est un travail de lobbying qui a payé, puisque les États-Unis sont aujourd’hui le seul pays industrialisé à ne pas avoir de législation fédérale qui limite ses émissions de gaz à effet de serre ». »

Odile Leherte,
www.rtbf.be, janv. 2014.

« Depuis les années 1950, beaucoup de changements sont intervenus dans le système climatique : l’atmosphère et les océans se sont réchauffés, l’étendue et le volume des neiges et glace ont diminué, le niveau des mers s’est élevé, les concentrations des gaz à effet de serre ont augmenté (…)
L’océan à absorbé environ 30 % des émissions anthropiques de dioxyde de carbone au détriment de son PH qui a diminué de 0,1 depuis le début de l’ère industrielle, ce qui signifie que les océans s’acidifient (…)
D’un autre côté, les aérosols et leurs interactions avec les nuages ont contrebalancé une partie substantielle du forçage radiatif des gaz à effet de serre avec un effet estimé à -0,9 w.m-2. Les aérosols provenant des éruptions volcaniques peuvent également avoir un impact important sur le climat. Ce fût le cas entre 2008 et 2011 où plusieurs éruptions de faible intensité (comme la très médiatique éruption de l’Eyjafjöll) ont entraîné un forçage radiatif de -0,11 w.m-2.
Enfin, la contribution du Soleil au forçage radiatif est estimée à (seulement) 0,05 watt par mètre carré.
Ainsi, les facteurs naturels n’ont que peu contribué au forçage radiatif. Par conséquent, l’influence humaine sur le système climatique est sans équivoque… »

Christophe Magdelaine,
www.notre-planete.info (30/01/2014).

Civilisation

(voir aussi Apocalypse)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Le premier homme qui lança une insulte plutôt qu’une pierre fonda la civilisation. »

Sigmund Freud (1856-1939)


« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.
Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n’étaient pas notre affaire.
Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie… ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. Les circonstances qui enverraient les œuvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les œuvres de Ménandre ne sont plus du tout inconcevables : elles sont dans les journaux. »

Paul Valéry, « La crise de l’esprit », Variété III (1919)
in « Europes de l’antiquité au XXe siècle », R. Laffont, 2000.

 

 « La civilisation occidentale moderne apparaît dans l’histoire comme une véritable anomalie : parmi toutes celles qui nous sont connues plus ou moins complètement, cette civilisation est la seule qui se soit développée dans un sens purement matériel, et ce développement monstrueux, dont le début coïncide avec ce qu’on est convenu d’appeler la Renaissance, a été accompagné, comme il devait l’être fatalement, d’une régression intellectuelle correspondante ; »

René Guénon, « Orient et Occident », Paris, Payot,‎ 1924 p. 8.

« Cette civilisation est telle que l’on a juste à être patient et elle s’autodétruira. »

Mahatmah Gandhi, « Hind Swaraj or Indian home rule »,
Navjivan publishing house, chap. VI.

 

« … si la masse orientale finit par être vraiment hostile aux Occidentaux, après les avoir longtemps regardés avec indifférence, qui en est responsable ? Est-ce cette élite qui, toute à la contemplation intellectuelle, se tient résolument à l’écart de l’agitation extérieure, ou ne sont-ce pas plutôt les Occidentaux eux-mêmes, qui ont fait tout ce qu’il fallait pour rendre leur présence odieuse et intolérable ? (…) quand la résistance à une invasion étrangère est le fait d’un peuple occidental, elle s’appelle « patriotisme » et est digne de toutes les éloges ; quand elle est le fait d’un peuple oriental, elle s’appelle « fanatisme » ou « xénophobie » et ne mérite plus que la haine et le mépris. D’ailleurs, n’est-ce pas au nom du « Droit », de la « Liberté », de la « Justice » et de la « Civilisation » que les Européens prétendent imposer partout leur domination, et interdire à tout homme de vivre et de penser autrement qu’eux-mêmes ne vivent et ne pensent ? (…) il n’y a plus guère en Occident que deux sortes de gens, assez peu intéressantes l’une et l’autre : les naïfs qui se laissent prendre à ces grands mots et qui croient à leur « mission civilisatrice », inconscients qu’ils sont de la barbarie matérialiste dans laquelle ils sont plongés, et les habiles qui exploitent cet état d’esprit pour la satisfaction de leurs instincts de violence et de cupidité. »

René Guénon, « La crise du monde moderne »,
Gallimard, 1946, folio essais, 2010, p. 180-181.

 

« Dans tout l’univers de la civilisation industrielle, la domination de l’homme par l’homme croît en étendue et en efficacité. Cette tendance n’apparaît pas comme un recul accidentel et passager sur le chemin du progrès. Les camps de concentration, les génocides, les guerres mondiales et les bombes atomiques ne sont pas des rechutes dans la barbarie, mais les résultats effrénés des conquêtes modernes de la technique et de la domination. L’asservissement et la destruction de l’homme par l’homme les plus efficaces s’installent au plus haut niveau de la civilisation, au moment où les réalisations matérielles et intellectuelles de l’humanité semblent permettre la création d’un monde réellement libre. »

Herbert Marcuse, « Éros et civilisation »,
Les Éditions de minuit, introd., 1963.

 

 « La civilisation est en grande partie fondée sur la couardise. Il est si simple de civiliser en apprenant à être lâche. Étouffez les critères qui conduiraient au courage. Limitez l’exercice de la volonté. Égalisez les appétits. Bouchez les horizons. Décrétez une loi pour chaque mouvement. Niez l’existence du chaos. Apprenez même aux enfants à respirer lentement. Domptez. »

Frank Herbert, « Les mémoires volés »
in « L’Empereur-Dieu de Dune »,
1981, p. 520.

 

 « Ce qui me surprend le plus chez l’homme occidental, c’est qu’il perd la santé pour gagner de l’argent, et il perd ensuite son argent pour récupérer la santé. À force de penser au futur, il ne vit pas au présent et ne vit donc ni le présent ni le futur. Il vit comme s’il ne devait jamais mourir, et il meurt comme s’il n’avait jamais vécu. »

Lhamo Dondump, Dalaï Lama

 

 

Capitalisme

(voir aussi Argent)

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Le capitalisme est le même partout. Il a besoin pour vivre et prospérer d’un état permanent de demi-famine. Il en a besoin pour maintenir élevés les prix des marchandises et aussi pour trouver toujours des affamés prêts à travailler à n’importe quelle condition (…)
—  Ainsi, vous croyez que toute la faute en est au capitalisme ?
— Sans doute, ou plus généralement au fait que quelques individus ont accaparé la terre et tous les instruments de production, et peuvent imposer leur volonté aux travailleurs, en sorte que, au lieu de produire pour satisfaire aux besoins de la population et en raison de ces besoins, on produit au profit des patrons. »

Errico Malatesta, « Au café », fin XIX e s.

 

« Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le socialisme, c’est exactement l’inverse. »

Arthur Koestler (1905-1983)

« La construction de l’humanité par ses propres efforts a justement consisté en une lutte permanente contre la nature. Accepter les ukases de la nature, c’est nier la spécificité de notre espèce. Si le marché est « naturel », raison de plus pour tenter d’autres méthodes de régulation de l’économie.»

Albert Jacquard, « À toi qui n’est pas encore né(e) », Calmann-Lévy, Poche, 2000, p. 181.

 

 « Méprisée et reléguée au dépotoir des formules vieillies, l’idée d’une démocratie économique a laissé place à un marché triomphant jusqu’à l’obscénité (…)
Le système appelé démocratique ressemble de plus en plus à un gouvernement des riches et de moins en moins à un gouvernement du peuple. Impossible de nier l’évidence : la masse des pauvres appelée à voter n’est jamais appelée à gouverner. Dans l’hypothèse d’un gouvernement formé par les pauvres, où ceux-ci représenteraient la majorité, comme Aristote l’a imaginé dans sa Politique, ils ne disposeraient pas des moyens pour modifier l’organisation de l’univers des riches qui les dominent, les surveillent et les étouffent. »

José Saramago, « Que reste-t-il de la démocratie ? », http://www.monde-diplomatique.fr/2004.

« La croissance est donc pour le capitalisme une nécessité systémique totalement indépendante de, et indifférente à la réalité matérielle de ce qui croît. Elle répond à un besoin du capital. Elle conduit à ce développement paradoxal qui fait que, dans les pays au PIB plus élevé, on vit de plus en plus mal tout en consommant de plus en plus de marchandises. »

André Gorz, « Richesse sans valeur, valeur sans richesse » in « Ecologica », Éd. Galilée, 2008.

 

 André Comte-Sponville :
« Qu’est-ce que le capitalisme ? C’est un système économique caractérisé par la propriété privée des moyens de production et d’échange, par la liberté du marché et par le salariat. Dans un pays capitaliste, l’entreprise est donc au service de ceux qui la possèdent – propriété vaut usage – c’est-à-dire des actionnaires, bien plus que des clients ou des salariés. Il m’arrive également de proposer une définition plus personnelle du capitalisme : c’est un système économique qui sert, avec de l’argent, à faire davantage d’argent. Dans un pays capitaliste, l’argent va d’abord aux plus riches et non à ceux qui en auraient le plus besoin, les plus pauvres (…)
Quant au « péché originel » du capitalisme, c’est sans doute son fonctionnement à l’égoïsme. Seulement, ce péché originel, d’un point de vue moral, est aussi sa principale vertu d’un point de vue économique. C’est justement parce que le capitalisme fonctionne à l’égoïsme qu’il fonctionne si bien ! »
Réponse de Michel Onfray :
«  (…) je pense qu’il faudrait aussi distinguer capitalisme et libéralisme. Le libéralisme, c’est la possibilité pour le capitalisme de faire ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut, sans éthique, sans morale, sans contre-pouvoir. Et nous sommes dans une période libérale…
Le libéralisme permet au capitalisme de faire de l’argent avec de l’argent, donc de générer la paupérisation actuelle : la condition de l’enrichissement du riche est clairement l’appauvrissement du pauvre, pas seulement sur le terrain national mais sur le terrain planétaire. Quant au péché originel, s’il existe, c’est vraisemblablement la toute-puissance que donne l’argent. »
Jean-Louis Servan-Schreiber :
« À propos de l’amoralisme, j’ai une question simple. André Comte-Sponville dit : « Le capitalisme n’est pas immoral, il est amoral. » Michel Onfray dit : « Le capitalisme est immoral. » Ma question, c’est : est-ce qu’être amoral n’est pas immoral ? »
André Comte-Sponville :
« Être amoral, c’est immoral pour un individu. Mais le capitalisme, ce n’est pas un individu, c’est un système. C’est donc à nous d’être moraux : ne comptons pas sur le capitalisme pour l’être à notre place ! »

Jean-Louis Servan-Schreiber,
débat « Le capitalisme est-il moral ? »,http://www.psychologies.com.juillet 2009.

 

« Fondée notamment sur le prêt à intérêt, sur le jeu boursier « inhumain » – abstrait des rapports humains – où gains et pertes s’enchaînent sans cesse, la révolution européenne, liée à une révolution financière, n’a pu être exportée en terre d’islam.
Il est vrai que le catholicisme fut, lui aussi, durant longtemps, un frein au développement général du monde marchand, si l’on excepte quelques localisations exceptionnelles comme Anvers, Bruges, Venise, Gènes, etc. Alors que le protestantisme propulsa les mondes germaniques, scandinaves et anglo-saxon et certaines contrées de France – jusqu’à la révocation de l’Édit de Nantes – vers des lendemains souverainement capitalistes. »

Jacques Rifflet, « Les Mondes du Sacré », éd. mols, 2009, p. 338.

« La doctrine ultra-libérale, qui relève davantage de la cupidité que du bon sens et du pragmatisme, contribue à enrichir une petite minorité de possédants au détriment de l’intérêt des entreprises, de l’État, des salariés et du plus grand nombre.
Cette doctrine idéologique, dont le principe est le libre marché, consiste à libéraliser les échanges, à déréguler les prix (travail, produits alimentaires, logements, immobiliers, actions, monnaies, etc.) et à laisser libre cours à la spéculation sur les prix au nom de la soi-disant loi dite de l’offre et de la demande. Pour favoriser la compétitivité, relancer la croissance et créer des emplois, les ultra-libéraux préconisent, d’une part, de réduire les impôts et les charges sociales qui pèsent sur les entreprises, et, d’autre part, de supprimer le SMIC pour laisser aux acteurs économiques la liberté de fixer le prix des salaires… »

www.mouvementpourundeveloppementhumain.fr/

« Les thèses marxistes de type millénariste, parfois reprises par certains altermondialistes, selon lesquelles « le » capitalisme approche de sa chute finale, précisément à cause de la mondialisation, parce que son « cœur » n’a plus de « périphérie » à exploiter, sont peu convaincantes. Tout au contraire, les capitalismes actuels peuvent parfaitement se permettre de ne pas exploiter le milliard d’en bas [les plus pauvres]. D’une certaine manière, c’est plus grave que s’ils l’exploitaient : ils l’ignorent. S’il crée des troubles, on le contient militairement : dans les banlieues, en Afghanistan… Lancés sur leurs trajectoires actuelles, les capitalismes pourraient fort bien, sur leur propre territoire et dans les territoires délaissés par la mondialisation, parquer, contrôler et ignorer des masses considérables « d’hommes inutiles ». »

 Pierre-Noël Giraud, « La Mondialisation, émergences et fragmentations »
Sciences Humaines Éditions, 2012, conclusion, p. 154-155.

 

Besoins

(voir aussi Simplicité)

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Ainsi, nous considérons l’autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire à une obsession gratuite de frugalité, mais pour que le minimum, au cas où la profusion ferait défaut, nous satisfasse. Car nous sommes intimement convaincus qu’on trouve d’autant plus d’agréments à l’abondance qu’on y est moins attaché, et que si tout ce qui est naturel est plutôt facile à se procurer, ne l’est pas tout ce qui est vain. »

Épicure, « Lettre à Ménécée », Éditions Mille et une nuits, 1993.

 

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. »

Louis Blanc,  « Organisation du travail », 1839.

 

 

« Les grands besoins naissent des grands biens, et souvent le meilleur moyen de se donner les choses dont on manque est de s’ôter celles qu’on a : c’est à force de nous travailler pour augmenter notre bonheur, que nous le changeons en misère. Tout homme qui ne voudrait que vivre, vivrait heureux. »

Jean-Jacques Rousseau,
« Les pensées de Jean-Jacques Rousseau », 1764.

 

 « Aujourd’hui, selon les calculs de Global Footprint Network, les besoins de l’humanité dépassent de 50 % les réserves de ressources renouvelables disponibles. Autrement dit, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires pour soutenir l’empreinte actuelle de l’humanité (…) Pour 2014, ce « jour de dépassement » est le mardi 19 août. À compter du 20 août et jusqu’à la fin de l’année, l’humanité va vivre en quelque sorte « à crédit » : pour continuer à boire, à manger, à se chauffer, à se déplacer, à produire, nous allons surexploiter  le milieu naturel et compromettre sa capacité de régénération… »

Laetitia Van Eeckout, Le Monde.fr, 19-08-2014.

« La destruction brutale des plus grandes forêts vierges mondiales, au Brésil ou en Inde, affecte partout les conditions climatiques. Ce sont les raisons pour lesquelles il est devenu impératif d’appeler l’avènement d’une nouvelle Société et pas simplement celui d’un nouvel Ordre économique international. Cette nouvelle Société devra se fonder sur une limitation des besoins secondaires : la satisfaction des besoins vitaux de tous, définis objectivement – ce qui demande de prendre en compte la nature du travail que chacun fait et pas seulement les besoins physiques – doit être la première des priorités avant que l’on songe aux demandes marchandes de certains groupes qui doivent être examinées avec une extrême attention. L’économie ne doit plus être séparée de la culture et de l’éthique. »

« Miroir de l’Inde : études indiennes en sciences sociales »,
Éd.de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 1989.
Édité et traduit par Roland Lardinois.

« Il apparaît de plus en plus clairement que la viabilité de la civilisation, à long terme, nécessitera non seulement une stabilisation du nombre d’êtres humains, mais également une réduction colossale à la fois de la population et de la consommation.
Des estimations scientifiques prudentes, et de plus en plus fiables, laissent entendre que la capacité de charge de la Terre, à long terme, à un niveau de vie qui pourrait être défini comme « modérément confortable » selon les standards des pays développés, pourrait ne pas dépasser deux ou trois milliards de personnes (…)
Visiblement, un changement démographique de cette amplitude nécessitera une réorientation majeure de la pensée, des valeurs, des attentes et des modes de vie de l’humanité. Il n’y a pas de garanties quant au succès d’un tel programme. Mais si l’humanité échoue dans sa tentative, la nature imposera certainement une réalité encore plus dure. En tant qu’anthropologue, je crains que cette crise démographique et environnementale ne se révèle être la plus grande impasse écologique jamais rencontrée par notre espèce.
L’humanité doit reconnaître que la capacité maximale de la Terre a des limites physiques, biologiques et écologiques finies. Et si l’on en juge par les inquiétudes grandissantes sur le maintien de la qualité, de la stabilité et/ou de la durabilité de l’atmosphère, de l’eau, des forêts, des terres agricoles, des zones de pèche et de bien d’autres choses encore sur la planète, il y a peu de doutes quant au fait que beaucoup de ces limites seront bientôt atteintes, si elles n’ont pas déjà été dépassées. »

Kenneth Smail,
World Watch Magazine, sept.-oct. 2004, http://www.ac-strasbourg.fr.

«  Ce n’est pas non plus en menant la vie d’un berger illettré ou en renonçant à toute forme de savoir que l’on devient simple ou minimaliste. C’est au contraire en élargissant sa conscience du monde et en communiant avec son immensité que l’on y parvient. »

Dominique Loreau,
« L’Art de la simplicité », Marabout, R. Laffont, 2005, p. 295.

Argent

(voir aussi Capitalisme)

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« N’est pas pauvre qui a peu, mais qui désire trop. »

Sénèque (1er s. apr. J.-C.)

« Il y a des âmes sales, pétries de boue et d’ordure, éprises du gain et de l’intérêt, comme de belles âmes le sont de la gloire et de la vertu ; capables d’une seule volupté, qui est d’acquérir ou de ne point perdre ; curieuses et avides du dernier dix ; uniquement occupées de leurs débiteurs ; toujours inquiètes sur le rabais ou sur le décri des monnaies ; enfoncées et comme abîmées dans les contrats, les titres et les parchemins. De telles gens ne sont ni parents, ni amis, ni citoyens, ni chrétiens, ni peut-être des hommes : ils ont de l’argent. »

Jean de La Bruyère, « Les Caractères », 1688.

 

 

« L’argent, qui possède la qualité de pouvoir tout acheter et de s’approprier tous les objets, est par conséquent l’objet dont la possession est la plus éminente de toutes. L’universalité de sa qualité est la toute-puissance de son être ; il est donc considéré comme l’être tout-puissant. L’argent est l’entremetteur entre le besoin et l’objet, entre la vie et le moyen de vivre de l’homme. Mais ce qui me sert de médiateur pour ma propre vie me sert également de médiateur pour l’existence d’autrui. Mon prochain, c’est l’argent. »

Karl Marx, Manuscrits de 1844.

 

 

« « Souviens-toi que l’argent est, par nature, générateur et prolifique. L’argent engendre l’argent, ses rejetons peuvent en engendrer davantage, et ainsi de suite. Cinq shillings qui travaillent en font six, puis se transforment en sept shillings trois pence, etc., jusqu’à devenir cent livres sterling. Plus il y a de shillings, plus grand est le produit chaque fois, si bien que le profit croît de plus en plus vite… » Le propre de cette philosophie de l’avarice semble être l’idéal de l’homme d’honneur dont le crédit est reconnu et, par-dessus tout, l’idée que le devoir de chacun est d’augmenter son capital, ceci étant supposé une fin en soi. »

Max Weber, citant Benjamin Franklin,
in «L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme »,1904.

 

« Dans les sociétés qui ne sont pas basées sur la production marchande, où l’on produit et fait produire les esclaves non pour vendre, mais pour la consommation domestique, le commerce est tenu en grand mépris. « Que peut-il sortir d’honorable d’une boutique ? », disait Cicéron. Seuls, des hommes méprisés et méprisables font le trafic de l’argent. L’intérêt de l’argent est alors un vol, que la morale et les religions condamnent. Jéhovah lui-même défendait aux juifs le prêt à intérêt ; il ne le permettait que contre l’étranger, qui est l’ennemi : l’Église catholique, devenue la servante à tout faire de la classe capitaliste, fulminait alors ses anathèmes contre l’intérêt de l’argent. Mais cette morale change dès que la Bourgeoisie arrive au pouvoir : le prêt à intérêt devient sacro-saint ; une des premières lois de 1789 proclame la légalité de l’intérêt de l’argent qui, auparavant, n’était que toléré. Le Grand livre de la Dette publique devient le Livre d’Or, la Bible de la Bourgeoisie. Le métier de prêteur à intérêt, de banquier, devient aussi honorable qu’honoré ; vivre de ses rentes, c’est-à-dire de l’intérêt de l’argent, est la plus haute ambition de tous les membres de la société bourgeoise. »

Paul Lafargue, Discours prononcé début 1895,
débat organisé à la Sorbonne entre J. Jaurès et P. Lafargue.
« La Jeunesse socialiste », nº 1 et 2.

 

« Il faut choisir dans la vie : gagner de l’argent ou le dépenser. On n’a pas le temps de faire les deux. »

Édouard Bourdet (1887-1945)

 

« L’argent ne fait pas le bonheur de celui qui n’en a pas. »

Boris Vian (1920-1959)

 

« Ce n’est pas que l’argent n’ait pas d’odeur, c’est que l’homme n’a pas d’odorat. »

Henri Jeanson (1900-1970)

« On ose nous dire que l’État ne peut plus assurer les coûts de ces mesures citoyennes. Mais comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Sinon parce que le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’État. Les banques désormais privatisées se montrent d’abord soucieuses de leurs dividendes et des très hauts salaires de leurs dirigeants, pas de l’intérêt général. L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important, et la course à l’argent, la compétition, autant encouragée. Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! »

Stéphane Hessel, « Indignez-vous ! », Indigène éd., 2010.

 

Apocalypse

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Le cinquième ange sonna de la trompette. Et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l’abîme lui fut donnée, et elle ouvrit le puits de l’abîme. Et il monta du puits une fumée, comme la fumée d’une grande fournaise ; et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits. De la fumée sortirent des sauterelles qui se répandirent sur la terre ; et il leur fut donné un pouvoir comme le pouvoir qu’ont les scorpions de la terre.
Il leur fut dit de ne point faire de mal à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n’avaient pas le sceau de Dieu sur le front.
Il leur fut donné, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois; et le tourment qu’elles causaient était comme le tourment que cause le scorpion quand il pique un homme.
En ces jours-là, les hommes chercheront la mort et ils ne la trouveront pas ; ils désireront mourir et la mort fuira loin d’eux. »

Jean, « L’Apocalypse », 9.1-9.6 (fin du 1er s.)

 

« Quand on voit l’Homme manier de si terribles énergies, encore toutes fourrées d’inconnu (…) comment ne pas douter si, un jour, trop confiant en l’infaillibilité de ses machines électroniques, ou méconnaissant le jeu d’une cause insoupçonnable, il ne commettra pas l’erreur gigantesque dont il ne s’aviserait que trop tard pour en corriger les effets ? »

Jean Rostand, « Disparition de l’homme »,
l’Apocalypse, J. Foret, 1961, p. 223.

 

« Que se passe-t-il ?
J’y comprends rien
Y avait une ville
Et y a plus rien
Y a plus rien qu’un désert
De gravats, de poussière
Qu’un silence à hurler
À la place où il y avait
Une ville qui battait
Comme un cœur prodigieux
Une fille dont les yeux
Étaient pleins du soleil de mai
Mon Dieu, mon Dieu
Faites que ce soit
Un mauvais rêve
Réveillez-moi… »

Claude Nougaro, chanson, « Y avait une ville », 1964.

 

 

« Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu’aux immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même voyage et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l’iceberg approche et que le bateau devrait dévier de son cap, l’orchestre continue de jouer, les passagers de se distraire, et l’équipage de passer de groupe en groupe afin de rassurer tout le monde. » 

Nicolas Hulot, «  Le syndrome du Titanic »,
Calman-Levy, 2004.

 

« Lorsque je me projette dans le temps, je vois la planète chaude et aride, et quelques survivants en marche vers l’Arctique. Je les vois dans le désert tandis que le jour pointe et qu’à l’horion le soleil darde ses premiers rayons. L’air frais de la nuit est un soulagement, mais il se dissipe, telle une fumée, à mesure que la chaleur monte. L’unique chameau s’éveille, cligne des yeux et se dresse lentement sur son arrière-train. Les petits derniers de la tribu montent en selle. L’animal éructe et se met en route dans la fournaise, en quête de la prochaine oasis. »

James Lovelock, « La revanche de Gaïa »,
Flammarion, 2007, dernier paragraphe.

 

« Muni de la technologie adéquate, n’importe quel bricoleur ou « hacker » pourra concevoir un nanovirus autoreproducteur : un nano-système analogue à un virus humain (…) La multiplication des « nanobugs » ne connaîtrait aucune limite (…) en moins d’une semaine, l’ensemble de la surface de la planète, et même de son sous-sol, y compris vous et moi, y compris toutes les espèces vivantes animales et végétales, y compris même les océans et une bonne partie de la croûte terrestre, sera décomposé et transformé en une espèce de gelée grise et informe, une « pâte de nanobugs » furieusement occupés à se détruire eux-mêmes et à se reconstruire en même temps, à laquelle on a donné le nom de Grey Goo, « Mélasse grise ». »

Serge Boisse, « L’esprit, l’IA et la singularité, »,
2007, Lulu.com, p. 474-475.

 

« Ce que nous appelons notre « civilisation » ressemble à un chancre. Nous envahissons, nous dévastons, nous salissons l’air, l’eau, le sol, le sous-sol, les mers, les campagnes, les forêts, les montagnes, les déserts et les pôles ; demain, la Lune et la planète Mars… Nous produisons des quantités phénoménales de déchets. Nous affaiblissons Gaïa, le super-organisme qui nous oxygène, nous abreuve et nous nourrit.
Nous nous précipitons dans le néant…

« Le vingt et unième siècle sera belliqueux, ou je ne m’y connais pas. La conclusion pourrait en être une série de conflits terrifiants qui finiraient en guerre totale – la troisième et la dernière qu’on nommerait « mondiale ». Au bouquet final de ce feu d’artifice, l’humanité serait écrabouillée, carbonisée, irradiée, affamée, noyée, gelée, pétrifiée – au choix, ou tout à la fois. »

Yves Paccalet, « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! », Arthaud, 2013, p. 76 et 124.

 

 

« La nouvelle étude du MSSI (Melbourne Sustainable Society Institute) révèle que les prévisions du scénario de statu quo World3 (en référence à l’étude publiée en 1972, « Limits to Growth » – Les limites à la croissance, appelée également  » rapport Meadows  » du Club de Rome) concernant la population, la croissance économique et l’environnement se sont avérées relativement justes. Le scénario de statu quo fixe aux environs de 2015 le début du « dépassement des limites et de l’effondrement », une prévision préoccupante. Le taux de mortalité commencerait à augmenter à partir de 2020 et la population baisserait d’un demi-milliard d’individus par décennie à partir de 2030.
L’auteur de l’étude du MSSI, Graham Turner, conclut de façon inquiétante que « l’alignement des tendances observées avec la dynamique des « limites à la croissance » indique que les premiers signes d’un effondrement pourraient survenir dans les dix années qui viennent et sont même peut-être déjà enclenchés », et qu’une « chute relativement rapide de la situation économique et de la population pourrait être imminente ». M. Turner considère la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires comme des indicateurs de l’augmentation de la pollution et des contraintes en matière de ressources. »

ec.europa.eu/…/limits-to-growth 21 oct. 2014.

 

« … les visions apocalyptiques contenues dans le Nouveau et dans l’Ancien Testaments faisaient déjà mention d’un certain nombre de désastres environnementaux (…)
… la crise écologique est, pour Rudolf Bahro, la crise finale de l’histoire humaine soumise à la logique de ce qu’il appelle la « mégamachine » productrice et consommatrice. La crise sonne la fin de l’histoire. Soit la crise sera suivie du silence éternel d’une planète dévastée que la vie aura fini par déserter, soit elle donnera lieu au sursaut d’une humanité renouvelée, s’efforçant à l’ascèse et à un mode de vie frugal. La crise écologique revêt à ce titre un caractère authentiquement apocalyptique en tant qu’elle est notre dernière chance. Par elle se donne à entendre l’ultime appel à une humanité dévoyée, à laquelle il appartient de se ressaisir pour revenir à soi et à sa propre vérité. »

Hicham-Stéphane Afeissa,
« Les habits verts de l’apocalypse »
in « Les Grands Dossiers des Sciences Humaines », Janv. 2015.

« Il y a un demi-siècle, l’apocalypse prenait la forme d’un hiver nucléaire qui pouvait ne jamais arriver. La peur était réelle (et des communautés survivalistes sont apparues), mais il ne s’est finalement rien passé. Aujourd’hui, les catastrophes climatiques et environnementales sont moins spectaculaires, mais elles ont bel et bien commencé. Elles ne peuvent plus ne pas avoir lieu ! »

 P. Servigne, R. Stevens,
« Comment tout peut s’effondrer »,
Seuil, 2015, p. 251-252.