(voir aussi Sens et Utopie)
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« L’optimiste rit pour oublier; le pessimiste oublie de rire. »
Anonyme
« Je sais aussi, dit Candide, qu’il faut cultiver notre jardin.
– Vous avez raison, dit Pangloss : car, quand l’homme fut mis dans le jardin d’Éden, il y fut mis pour qu’il travaillât, ce qui prouve que l’homme n’est pas né pour le repos.
– Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable.
Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercer ses talents. La petite terre rapporta beaucoup (…) et Pangloss disait quelquefois à Candide : » Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles… » »
Voltaire, « Candide, ou l’optimisme », Ch. 30, 1759.
« … l’histoire d’une vie est toujours l’histoire d’une souffrance, car toute carrière parcourue n’est qu’une suite ininterrompue de revers et de disgrâces que chacun s’efforce de cacher, parce qu’il sait que, loin d’inspirer aux autres de la sympathie ou de la pitié, il les comble alors de satisfaction, tant ils se plaisent à se représenter les ennuis d’autrui auxquels ils échappent momentanément ; il est rare qu’un homme, à la fin de sa vie, s’il est à la fois sincère et réfléchi, souhaite recommencer la route et ne préfère infiniment le néant absolu. »
Arthur Schopenhauer, « Le monde comme volonté et représentation »,1818.
« Je crois que l’intolérance, le fanatisme, le sectarisme – où, le plus souvent, il ne faut voir qu’excès de moralité mal entendue – ne seront que des régressions temporaires. Je crois que l’idée démocratique triomphera sans réserves, en ce sens qu’il me paraît impossible que l’instinct de justice ne fasse aboutir ses protestations et que l’avantage du grand nombre n’en vienne à prévaloir sur l’intérêt de quelques-uns.
J’ignore quel sera le système d’économie le plus apte à assurer l’équitable distribution des biens matériels et spirituels; mais je suis à peu près sûr que l’époque ne peut plus être lointaine où l’on s’étonnera que, durant tant de siècles, tant de choses aient pu rester le privilège de si peu de gens… »
Jean Rostand, « Ce que je crois », Grasset, 1953, p. 90.
« … quand, en 1516, Thomas More rêvait de faire élire les dirigeants d’Utopia, sa cité imaginaire, il n’imaginait pas que les ministres de son propre pays seraient, quatre siècles plus tard, élus par le peuple tout entier. De même, quand, en juillet 1914, Jean Jaurès imaginait une Europe libre, démocratique, pacifique et rassemblée, rien ne permettait d’espérer que telle serait la situation du Vieux Continent moins de quatre-vingts ans plus tard (…) Une nouvelle idéologie totalitaire, englobante, rassurante, messianique, religieuse ou laïque, aura sans doute son prophète, son livre, ses prêtres, ses policiers, ses bûchers. Puis une nouvelle organisation harmonieuse verra le jour : elle ne sera d’abord qu’une cohabitation planétaire du marché et de la démocratie (…) Puis, au-delà même d’un nouvel équilibre mondial entre marché et démocratie, entre services publics et entreprises, les transhumains feront naître un nouvel ordre d’abondance dont le marché sera peu à peu exclu au profit de l’économie relationnelle. »
Jacques Attali, « Une brève histoire de l’avenir »,
Fayard, 2006, p. 362, 366 et 367.
« On peut faire confiance à l’inventivité des hommes qui trouveront nécessairement des solutions aux problèmes liés à la diminution des ressources naturelles et à l’impossibilité de reconstituer les minerais et l’énergie dissipée à jamais. En dépit de l’échec du sommet de Copenhague, nous avons de bonnes raisons d’être optimistes. Le développement durable (sustainable development) est à notre portée, il devrait permettre aux hommes d’assurer les besoins tout en assurant la pérennité de la biodiversité et des écosystèmes, tout en prenant en compte les intérêts légitimes des générations futures. »
Frédéric Teulon, « Une vision optimiste de la croissance est-elle de mise ? », p. 12.
www.ipag.fr/wp-content/uploads/recherche, 2014.
« … il n’est pas d’humanité sans technique qui l’autorise à exploiter l’environnement pour en obtenir un bénéfice adaptatif au détriment des autres êtres vivants (…) Si une communauté humaine survit au déclin des civilisations du pétrole, elle subira la tautologie du principe d’humanité : pour rester humain il faut détruire l’environnement, pour ne pas détruire l’environnement, il faut n’en tirer aucun bénéfice qui définisse l’humanité. La fin humaine est inscrite dans la définition même de notre nature, la seule question étant celle de « quand ? » ».
Vincent Mignerot, « L’autodestruction est inscrite dans le principe d’humanité »,
www.theorie-de-tout.fr/, 2014.