Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« Le qualificatif de souverain, appliqué au peuple, est une sinistre plaisanterie. Imaginez-vous la guerre proclamée par référendum ? Nous affirmons l’inégalité féconde et bienfaisante des hommes qui ne peuvent devenir égaux par un fait mécanique tel le suffrage universel. »
Benito Mussolini, Préface au « Prince », 1925.
« La démocratie n’est pas un fait. La démocratie est une idée. Cette idée inspire des lois. Et ces lois et ces institutions se révèlent de jour en jour plus désastreuses, destructives et ruineuses, plus hostiles aux tendances naturelles des mœurs, au jeu spontané des intérêts et au développement du progrès. Pourquoi ? Parce que l’idée démocratique est fausse, en ce qu’elle est en désaccord avec la nature. Parce que l’idée démocratique est mauvaise en ce qu’elle soumet constamment le meilleur au pire, le supérieur à l’inférieur : au nombre la qualité, c’est-à-dire la compétence et l’aptitude. »
Charles Maurras, « Mes idées politiques », 1937.
« Quand le nazi respecte exclusivement qui lui ressemble, il ne respecte rien que soi-même. Il refuse les contradictions créatrices, ruine tout espoir d’ascension, et fonde pour mille ans, en place d’un homme, le robot d’une termitière. L’ordre pour l’ordre châtre l’homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-même. La vie crée l’ordre, mais l’ordre ne crée pas la vie.
Il nous semble à nous, bien au contraire, que notre ascension n’est pas achevée, que la vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier, et que les contradictions à surmonter sont le terreau même de notre croissance. »
Antoine de Saint-Exupéry, « Lettre à un otage », Gallimard, 1945.
« On nous dit : « Vous instaurez une dictature. » Oui, chers messieurs, vous avez raison. Nous instaurons effectivement une dictature. L’expérience accumulée par le peuple chinois depuis quelques dizaines d’années nous dit qu’il est nécessaire d’instaurer la dictature de la démocratie populaire. Cela veut dire que les réactionnaires doivent être privés du droit d’exprimer leur opinion et que seul le peuple a le droit de vote, le droit d’exprimer son opinion. »
Mao Tsé-Toung, « La nouvelle démocratie », Les Éditions sociales, 1951.
« La dictature, c’est « ferme ta gueule », et la démocratie, c’est « cause toujours ». »
Woody Allen
« Le totalitarisme n’est pas seulement le fait d’une forme spécifique de gouvernement ou de parti, il découle plutôt d’un système spécifique de production et de distribution, parfaitement compatible avec un « pluralisme » de partis, de journaux, avec la « séparation des pouvoirs ». »
Herbert Marcuse, « L’Homme unidimensionnel », 1968.
« Les ventres sont pleins. Les routes se couvrent de voitures. Le silence est maçonné de bruits. Le temps qui passe ne nous appartient plus. Autre chose apparaît, un fascisme à l’envers où la multitude opprimée par un individu devient l’individu opprimé par la multitude. »
Raymond Borde, « L’extricable », Le Terrain Vague, 1970, p. 7.
« Si l’on se fonde sur les traditionnelles définitions théoriques formulées par des experts du fascisme (Hannah Arendt, Renzo De Felice, Stanley Payne ou Robert O. Paxton), on s’aperçoit qu’aucun des mouvements islamistes regroupés par le président Bush dans l’expression « islamo-fascisme » ne correspond aux critères. Non pas que la religion soit incompatible avec le fascisme. Si Payne estime que le fascisme a besoin pour se développer d’un espace séculier, Paxton et d’autres lui rétorquent que cela ne vaut que dans le cas européen. Il peut bel et bien exister un fascisme musulman, comme d’ailleurs un fascisme chrétien, un fascisme hindou et un fascisme juif. Toutefois, les mouvements montrés du doigt par l’administration Bush n’entrent pas dans cette catégorie. L’islamisme doit être appréhendé comme un phénomène contemporain, nouveau et distinct. Certains éléments du fascisme traditionnel peuvent assurément être décelés dans des mouvements fondamentalistes musulmans : la dimension paramilitaire, le sentiment d’humiliation et le culte du chef charismatique (dans une mesure toutefois relative et peu comparable avec les cultes du Duce ou du Führer). Mais toutes les autres dimensions (nationalisme expansionniste, corporatisme, bureaucratie, culte du corps…), fondamentales du fascisme font généralement défaut. »
Stefan Durand,
« Fascisme, islam et grossiers amalgames », Le Monde diplomatique, 2006.