Ecologie

(voir aussi Croissance et Simplicité)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« L’homme avait, jusqu’ici, le sentiment qu’il logeait dans une nature immense, inépuisable, hors de mesure avec lui-même. L’idée ne pouvait lui venir qu’il aurait, un jour, à ménager, à épargner cette géante, qu’il lui faudrait apprendre à n’en pas gaspiller les ressources, à ne pas la souiller en y déposant les excréments de ses techniques. Or, voilà que, maintenant, lui, si chétif, et qui se croyait si anodin, il s’avise qu’on ne peut tout se permettre envers la nature ; voilà qu’il doit s’inquiéter pour elle des suites lointaines de son action. »

Jean Rostand,
« Inquiétudes d’un biologiste », Stock, Poche, 1967, p. 73.

 

 « Les Verts fourmillent d’idées qui n’ont pas la pureté spectrale de la chlorophylle des plantes – pourtant, elles aussi, diverses et concurrentes dans leur écosystème forestier. L’idéologie des écologistes va du rouge au bleu. Les Verts totalitaires, parfois appelés écofascistes, aimeraient qu’un génocide élimine une grande partie de l’humanité, afin qu’une Terre parfaite leur soit confiée. À l’autre extrémité du spectre, certains rêvent de bien-être et de droits pour tous, comptant sur Gaïa, la chance ou le développement durable. Les Verts sont ceux qui ont pris conscience que l’homme portait préjudice à la nature et qui ont souhaité y remédier. Ils ont en commun la volonté de défendre l’environnement, mais diffèrent grandement quand il s’agit de trouver des solutions. »

James Lovelock,
« La revanche de Gaïa », Flammarion, 2007, p. 195.

 

 « Le dogme de la croissance reste fixé comme objectif économique à l’UE, à l’opposé de ce qu’il conviendrait de faire pour assurer un avenir à l’humanité. Concrètement, ce dogme rend notamment insignifiantes les déclarations en faveur de la lutte contre les changements climatiques ; il s’oppose au combat contre le gaspillage et la maîtrise de la consommation énergétique. Il réduit les biens communs comme les services de première nécessité, l’eau ou la terre, l’éducation, la santé ou la culture à l’état de simple marchandise.
Un projet européen qui pose comme valeurs suprêmes la liberté du marché et la compétitivité n’est pas acceptable pour notre planète. Le libre-échange généralisé est en effet pour l’essentiel responsable des dérèglements écologiques et sociaux qui mettent en péril l’humanité elle-même ; incompatible avec l’objectif de développement durable prétendument poursuivi par l’Union européenne, le libre-échange allié à la croissance comme guide de toutes les activités ne peut que conduire au désordre planétaire et à la misère humaine. »

Paul Lannoye et Michèle Gilkinet, Grappe,
communiqué de presse, Namur, 2007.


« Des études non publiées des services de recherche d’Électricité de France (EDF) montrent que, lorsque les tarifs diminuent, les ménages modestes sont enclins à augmenter la température dans leur logement. Les ménages aisés ne sont pas en reste, avec le renouvellement frénétique des équipements de pointe. Quand un bien ou un service devient moins cher, on tend à en consommer une plus grande quantité, sans se poser de questions. Et, au-delà d’une température jugée suffisamment confortable, ce surplus financier sera consacré à l’acquisition d’autres biens de consommation (écran plasma, voyage en avion, téléphone « intelligent », etc.) dont le bilan carbone sera d’ailleurs, probablement, encore moins favorable à l’environnement. Au final, le bénéfice écologique de la technologie se réduit comme peau de chagrin — voire, dans certains cas, vire au négatif — par un ajustement des comportements individuels. Lesquels constituent pourtant la cible principale des campagnes officielles de communication sur le « développement durable », qui portent au pinacle la figure du « consommateur responsable » (…)
Certaines politiques sont directement mises en cause dans l’apparition d’un effet rebond. C’est le cas des normes de performance énergétique, qui favorisent l’émergence d’innovations technologiques. En effet, on mesure des températures tendanciellement plus élevées dans les habitations les plus récentes que dans le bâti ancien. Grâce aux techniques améliorant l’isolation et la ventilation, maintenir la température des pièces d’un logement à un niveau élevé ne pose plus de problème. Ainsi, une politique visant à réduire la consommation d’énergie a provoqué l’effet inverse… »

Cédric Gossart,
« Quand les technologies vertes poussent à la consommation »,
http://www.monde-diplomatique.fr. juillet 2010.

 

« La voiture électrique c’est un peu l’emblème des transports de demain. Exit l’essence ou le diesel, on aspire tous à rouler propre, un jour. Seulement, même si la voiture électrique n’émet pas de pollution à l’usage, cela ne veut pas dire qu’elle est verte à 100%. Eh oui, les anti-électriques avancent souvent l’argument des batteries ! C’est en prenant en compte tous les paramètres et pas seulement les émissions de carbone que l’Université des Sciences et des Technologies de Norvège a mesuré l’impact réel des voitures électriques et en a tiré quelques chiffres éloquents.
De prime abord, rien de bien nouveau avec les conclusions de l’étude norvégienne :
Si l’électricité de la voiture électrique ne provient pas d’énergies renouvelables, son avantage au niveau environnemental diminue considérablement ;
Au plus l’on conserve le véhicule électrique (en fonction notamment de la durée de vie des batteries), au plus on augmente les effets positifs sur l’environnement, par rapport aux véhicules classiques.
Cependant, à y regarder de plus près, les chiffres avancés par cette étude sont plutôt intéressants.
Ainsi, on apprend qu’en ne tenant compte que de la production du véhicule, une voiture électrique est deux fois plus dommageable pour l’environnement qu’un véhicule thermique. Ceci s’explique par les matériaux intervenant dans la fabrication des batteries, comme le lithium par exemple, une ressource naturelle qui va commencer à s’épuiser au fil du temps. »

http://www.consoglobe.com › Ecomobilité, déc. 2012.

 

 « Si le bon sens suffit à le deviner, ce sont de surcroît des principes physiques élémentaires, ceux de linéarité de l’écoulement du temps et de non réversibilité des phénomènes qui confirment que les effets délétères de l’existence humaine sont strictement cumulatifs, sans réparation possible. Il n’est pas plus possible de rafraîchir le climat, de restaurer les rendements agricoles, d’empêcher l’acidification des océans ou la montée des eaux, de retirer les perturbateurs endocriniens et les métaux toxiques de la chaîne alimentaire de l’ensemble du vivant… que de ressortir la poudre du cacao de son chocolat chaud. Jusque-là, parce que nous avions à disposition suffisamment de ressources et d’énergie pour masquer la dégradation progressive de l’environnement, nous avons pu croire en la possibilité d’un développement infini. Mais ces ressources vont manquer à court terme et nous n’aurons rien pu réparer. »

 Vincent Mignerot,
« L’écologie est-elle possible ?»,www.theorie-de-tout.fr/, 2013.

« L’effet Allee anthropogénique montre comment la déclaration de rareté ou de risque de disparition d’une espèce par les institutions compétentes précipite la réduction des effectifs de cette espèce et son extinction, par attraction commerciale (pour la collection, la domestication, les marchés du luxe), par développement d’un écotourisme provoquant la perturbation de l’équilibre vital, la détérioration de l’habitat ou simplement pour la chasse aux trophées.»
« L’effet rebond explique comment les potentielles économies d’énergie ou de ressources rendues possibles par l’utilisation de modes d’exploitation de l’environnement plus performants sont toujours partiellement ou complètement compensées par la réorganisation des comportements des consommateurs. L’individu focalise ses pensées, spontanément et involontairement, sur les modes de consommation présentés comme plus respectueux de l’environnement, ces pensées se substituent aux représentations induites par les conséquences destructrices de ces actes de consommation et maintiennent possibles ces destructions par leur occultation. »

Vincent Mignerot,
« Essai sur la raison de tout », Editions Solo, 2014, p.230.

Climat

(voir aussi Apocalypse et Écologie)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Réchauffement de l’atmosphère, montée et acidification des océans… L’un après l’autre, les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dressent un tableau sombre de l’évolution de notre climat. Ce groupe, qui compile près de 20 000 études de plus de 800 chercheurs, a publié la synthèse de son cinquième rapport (nov. 2014)
« Le réchauffement du système climatique est sans équivoque et, depuis les années 1950, beaucoup de changements observés sont sans précédent depuis des décennies voire des millénaires. L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, la couverture de neige et de glace a diminué, le niveau des mers s’est élevé et les concentrations des gaz à effet de serre ont augmenté. »
95 % : c’est le degré de certitude, qualifié d’ « extrêmement probable », que « l’activité humaine est la cause principale du réchauffement observé » depuis le milieu du XXe siècle (…)
Le niveau des océans en 2100 par rapport à la période 1986-2005 pourrait s’élever de quasiment un mètre, dans le scénario le plus pessimiste. Selon le dernier rapport du GIEC, les océans se sont élevés de 19 cm depuis la fin du XIXe siècle (…)
-70 %, c’est la réduction nécessaire des émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2 mais aussi méthane et protoxyde d’azote) en 2050 par rapport à leur niveau de 2010 pour maintenir la hausse moyenne des températures en dessous de 2 °C, selon le dernier rapport. Mais « depuis 2010, les émissions augmentent plus vite encore que dans les décennies précédentes », a déploré Rajendra Pachauri, le président du GIEC. La concentration de ces gaz atteint désormais « des niveaux sans précédent depuis au moins 800 000 ans » ».

Alexandre Pouchard,
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/11/04/climat

« Le livre de Vahrenholt et Lüning ( Die Kalte Sonne – Le soleil froid ) comporte plus de 800 citations de littérature scientifique revue par les pairs, et 80 graphes sélectionnés. Les auteurs estiment, démonstration à l’appui, que les 12 dernières années marquées par un léger refroidissement global alors que les taux de CO2 augmentaient ne sont pas une péripétie secondaire dans une tendance longue alarmante, mais au contraire un élément important du débat qui remet en cause les modèles utilisés par le GIEC. Et surtout, ils arrivent à la conclusion que les variations d’activité solaire sont bien plus importantes pour le climat terrestre, que l’évolution du taux de CO2. »

Vincent Bernard,
« Changement climatique : l’effet Vahrenholt refroidit une Allemagne de plus en plus sceptique »,
http://www.objectifliberte.fr/, 2012.

« Depuis la fin des années 1990, les climatologues constatent le ralentissement du réchauffement de l’atmosphère. Selon les estimations du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC), le rythme du réchauffement de 1998 à 2012 s’établit à 0,05 °C1. Soit beaucoup moins que les 0,12 °C d’augmentation moyenne du thermomètre à chaque décennie depuis 1951. Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à voir dans cette quasi « pause climatique » la confirmation des thèses climato-sceptiques. Une conclusion hâtive, dans la mesure où les autres signes du changement climatique (fonte des glaces, montée du niveau des mers)) n’ont, eux, pas du tout faibli (…)
Selon une étude sino-américaine publiée vendredi dans la revue Science, les causes profondes de ce ralentissement sont plutôt à chercher du côté de l’Atlantique (…)
Pour Ka-Kit Tung, le phénomène pourrait encore durer une dizaine d’années avant que ce « réservoir à chaleur » se vide à nouveau : « Quand cette variabilité interne du climat, responsable de l’actuelle pause, s’inversera, et elle s’inversera, un nouvel épisode d’accélération du réchauffement climatique devrait suivre », lâche-t-il. La hausse du thermomètre pourrait alors franchir un nouveau seuil, comme régulièrement depuis le début du siècle dernier. »

Jason Wiels,
http://www.Le Poinr.fr 08/2014.

« Réchauffement climatique : « Un point de non-retour a été atteint « .
Selon plusieurs études scientifiques, la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique pourrait atteindre entre 1 et 3 mètres d’ici 2100.
Deux études ont en effet été publiées lundi 12 mai dernier. La première, parue dans la revue scientifique Geophysical Research Letters a été menée par des chercheurs de la Nasa (…)
Le même jour, une seconde étude était publiée dans le journal Science. Cette étude a été réalisée par une équipe de scientifiques de l’Université de Washington. Ces derniers se sont penchés sur un seul glacier, celui de Thwaites, en Antarctique (…) « ce glacier agit comme un pivot qui pourrait entraîner avec lui le reste de la banquise«  explique le rapport. Cette même banquise qui contient assez d’eau pour faire monter le niveau des eaux de 3 mètres !
(…) les dernières prévisions sont si cataclysmiques qu’aux États-Unis, certains groupes d’écologistes s’avouent vaincus et renoncent à la lutte. »

Paul Monin, http://www.aleteia.org 05/2104

« Qui finance les climato-sceptiques ? C’est une question que s’est posée un chercheur américain. Car le financement des études climato-sceptiques y est pour le moins opaque. Il a effectué un travail de fourmi pour définir qu’un peu moins d’un milliard de dollars de fonds transitent par des fondations appartenant souvent à de grands industriels, miniers, banquiers ou magnats du pétrole (…)
Ces fondations, qui garantissent l’anonymat des mécènes, font donc, dans l’ombre, un intense travail de lobbying, poursuit François Gemenne (coauteur du livre « Controverses climatiques ») : « Ce sont très clairement des intérêts industriels à protéger. Et très clairement, en attaquant la science du climat, ce qu’ils cherchent à attaquer en réalité ce sont les politiques qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre. C’est un travail de lobbying qui a payé, puisque les États-Unis sont aujourd’hui le seul pays industrialisé à ne pas avoir de législation fédérale qui limite ses émissions de gaz à effet de serre ». »

Odile Leherte,
www.rtbf.be, janv. 2014.

« Depuis les années 1950, beaucoup de changements sont intervenus dans le système climatique : l’atmosphère et les océans se sont réchauffés, l’étendue et le volume des neiges et glace ont diminué, le niveau des mers s’est élevé, les concentrations des gaz à effet de serre ont augmenté (…)
L’océan à absorbé environ 30 % des émissions anthropiques de dioxyde de carbone au détriment de son PH qui a diminué de 0,1 depuis le début de l’ère industrielle, ce qui signifie que les océans s’acidifient (…)
D’un autre côté, les aérosols et leurs interactions avec les nuages ont contrebalancé une partie substantielle du forçage radiatif des gaz à effet de serre avec un effet estimé à -0,9 w.m-2. Les aérosols provenant des éruptions volcaniques peuvent également avoir un impact important sur le climat. Ce fût le cas entre 2008 et 2011 où plusieurs éruptions de faible intensité (comme la très médiatique éruption de l’Eyjafjöll) ont entraîné un forçage radiatif de -0,11 w.m-2.
Enfin, la contribution du Soleil au forçage radiatif est estimée à (seulement) 0,05 watt par mètre carré.
Ainsi, les facteurs naturels n’ont que peu contribué au forçage radiatif. Par conséquent, l’influence humaine sur le système climatique est sans équivoque… »

Christophe Magdelaine,
www.notre-planete.info (30/01/2014).

Apocalypse

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Le cinquième ange sonna de la trompette. Et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l’abîme lui fut donnée, et elle ouvrit le puits de l’abîme. Et il monta du puits une fumée, comme la fumée d’une grande fournaise ; et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits. De la fumée sortirent des sauterelles qui se répandirent sur la terre ; et il leur fut donné un pouvoir comme le pouvoir qu’ont les scorpions de la terre.
Il leur fut dit de ne point faire de mal à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n’avaient pas le sceau de Dieu sur le front.
Il leur fut donné, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois; et le tourment qu’elles causaient était comme le tourment que cause le scorpion quand il pique un homme.
En ces jours-là, les hommes chercheront la mort et ils ne la trouveront pas ; ils désireront mourir et la mort fuira loin d’eux. »

Jean, « L’Apocalypse », 9.1-9.6 (fin du 1er s.)

 

« Quand on voit l’Homme manier de si terribles énergies, encore toutes fourrées d’inconnu (…) comment ne pas douter si, un jour, trop confiant en l’infaillibilité de ses machines électroniques, ou méconnaissant le jeu d’une cause insoupçonnable, il ne commettra pas l’erreur gigantesque dont il ne s’aviserait que trop tard pour en corriger les effets ? »

Jean Rostand, « Disparition de l’homme »,
l’Apocalypse, J. Foret, 1961, p. 223.

 

« Que se passe-t-il ?
J’y comprends rien
Y avait une ville
Et y a plus rien
Y a plus rien qu’un désert
De gravats, de poussière
Qu’un silence à hurler
À la place où il y avait
Une ville qui battait
Comme un cœur prodigieux
Une fille dont les yeux
Étaient pleins du soleil de mai
Mon Dieu, mon Dieu
Faites que ce soit
Un mauvais rêve
Réveillez-moi… »

Claude Nougaro, chanson, « Y avait une ville », 1964.

 

 

« Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu’aux immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même voyage et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l’iceberg approche et que le bateau devrait dévier de son cap, l’orchestre continue de jouer, les passagers de se distraire, et l’équipage de passer de groupe en groupe afin de rassurer tout le monde. » 

Nicolas Hulot, «  Le syndrome du Titanic »,
Calman-Levy, 2004.

 

« Lorsque je me projette dans le temps, je vois la planète chaude et aride, et quelques survivants en marche vers l’Arctique. Je les vois dans le désert tandis que le jour pointe et qu’à l’horion le soleil darde ses premiers rayons. L’air frais de la nuit est un soulagement, mais il se dissipe, telle une fumée, à mesure que la chaleur monte. L’unique chameau s’éveille, cligne des yeux et se dresse lentement sur son arrière-train. Les petits derniers de la tribu montent en selle. L’animal éructe et se met en route dans la fournaise, en quête de la prochaine oasis. »

James Lovelock, « La revanche de Gaïa »,
Flammarion, 2007, dernier paragraphe.

 

« Muni de la technologie adéquate, n’importe quel bricoleur ou « hacker » pourra concevoir un nanovirus autoreproducteur : un nano-système analogue à un virus humain (…) La multiplication des « nanobugs » ne connaîtrait aucune limite (…) en moins d’une semaine, l’ensemble de la surface de la planète, et même de son sous-sol, y compris vous et moi, y compris toutes les espèces vivantes animales et végétales, y compris même les océans et une bonne partie de la croûte terrestre, sera décomposé et transformé en une espèce de gelée grise et informe, une « pâte de nanobugs » furieusement occupés à se détruire eux-mêmes et à se reconstruire en même temps, à laquelle on a donné le nom de Grey Goo, « Mélasse grise ». »

Serge Boisse, « L’esprit, l’IA et la singularité, »,
2007, Lulu.com, p. 474-475.

 

« Ce que nous appelons notre « civilisation » ressemble à un chancre. Nous envahissons, nous dévastons, nous salissons l’air, l’eau, le sol, le sous-sol, les mers, les campagnes, les forêts, les montagnes, les déserts et les pôles ; demain, la Lune et la planète Mars… Nous produisons des quantités phénoménales de déchets. Nous affaiblissons Gaïa, le super-organisme qui nous oxygène, nous abreuve et nous nourrit.
Nous nous précipitons dans le néant…

« Le vingt et unième siècle sera belliqueux, ou je ne m’y connais pas. La conclusion pourrait en être une série de conflits terrifiants qui finiraient en guerre totale – la troisième et la dernière qu’on nommerait « mondiale ». Au bouquet final de ce feu d’artifice, l’humanité serait écrabouillée, carbonisée, irradiée, affamée, noyée, gelée, pétrifiée – au choix, ou tout à la fois. »

Yves Paccalet, « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! », Arthaud, 2013, p. 76 et 124.

 

 

« La nouvelle étude du MSSI (Melbourne Sustainable Society Institute) révèle que les prévisions du scénario de statu quo World3 (en référence à l’étude publiée en 1972, « Limits to Growth » – Les limites à la croissance, appelée également  » rapport Meadows  » du Club de Rome) concernant la population, la croissance économique et l’environnement se sont avérées relativement justes. Le scénario de statu quo fixe aux environs de 2015 le début du « dépassement des limites et de l’effondrement », une prévision préoccupante. Le taux de mortalité commencerait à augmenter à partir de 2020 et la population baisserait d’un demi-milliard d’individus par décennie à partir de 2030.
L’auteur de l’étude du MSSI, Graham Turner, conclut de façon inquiétante que « l’alignement des tendances observées avec la dynamique des « limites à la croissance » indique que les premiers signes d’un effondrement pourraient survenir dans les dix années qui viennent et sont même peut-être déjà enclenchés », et qu’une « chute relativement rapide de la situation économique et de la population pourrait être imminente ». M. Turner considère la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires comme des indicateurs de l’augmentation de la pollution et des contraintes en matière de ressources. »

ec.europa.eu/…/limits-to-growth 21 oct. 2014.

 

« … les visions apocalyptiques contenues dans le Nouveau et dans l’Ancien Testaments faisaient déjà mention d’un certain nombre de désastres environnementaux (…)
… la crise écologique est, pour Rudolf Bahro, la crise finale de l’histoire humaine soumise à la logique de ce qu’il appelle la « mégamachine » productrice et consommatrice. La crise sonne la fin de l’histoire. Soit la crise sera suivie du silence éternel d’une planète dévastée que la vie aura fini par déserter, soit elle donnera lieu au sursaut d’une humanité renouvelée, s’efforçant à l’ascèse et à un mode de vie frugal. La crise écologique revêt à ce titre un caractère authentiquement apocalyptique en tant qu’elle est notre dernière chance. Par elle se donne à entendre l’ultime appel à une humanité dévoyée, à laquelle il appartient de se ressaisir pour revenir à soi et à sa propre vérité. »

Hicham-Stéphane Afeissa,
« Les habits verts de l’apocalypse »
in « Les Grands Dossiers des Sciences Humaines », Janv. 2015.

« Il y a un demi-siècle, l’apocalypse prenait la forme d’un hiver nucléaire qui pouvait ne jamais arriver. La peur était réelle (et des communautés survivalistes sont apparues), mais il ne s’est finalement rien passé. Aujourd’hui, les catastrophes climatiques et environnementales sont moins spectaculaires, mais elles ont bel et bien commencé. Elles ne peuvent plus ne pas avoir lieu ! »

 P. Servigne, R. Stevens,
« Comment tout peut s’effondrer »,
Seuil, 2015, p. 251-252.

Alter-mondialisme

(voir aussi Croissance)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

 

« I- Un autre monde possible doit respecter le droit à la vie pour tous les êtres humains grâce à de nouvelles règles de l’économie. Il faut donc :
1.- Annuler la dette publique des pays du Sud, qui a déjà été payée plusieurs fois, et qui constitue, pour les États créanciers, les établissements financiers et les institutions financières internationales, le moyen privilégié de mettre la majeure partie de l’humanité sous leur tutelle et d’y entretenir la misère. Cette mesure doit s’accompagner de la restitution aux peuples des sommes gigantesques qui leur ont été dérobées par leurs dirigeants corrompus.
2.- Mettre en place des taxes internationales sur les transactions financières (en particulier la taxe Tobin sur la spéculation sur les devises), sur les investissements directs à l’étranger, sur les bénéfices consolidés des transnationales, sur les ventes d’armes et sur les activités à fortes émissions de gaz à effet de serre (…)
3.- Démanteler progressivement toutes les formes de paradis fiscaux, judiciaires et bancaires qui sont autant de repaires de la criminalité organisée, de la corruption, des trafics en tout genre, de la fraude et de l’évasion fiscales, des opérations délictueuses des grandes entreprises, voire des gouvernements (…) »

« Douze propositions pour un autre monde possible »,
http://www.monde-diplomatique.fr/document/ 10 févr. 2005.

 

 

« Dans la logique du néolibéralisme, entendu comme la phase actuelle du capitalisme, on observe que la finance se trouve au poste de commandement, et c’est la finance elle-même qui commande à l’économie, qui elle-même commande au simple citoyen, ce dernier n’apparaissant qu’en bout de course comme variable d’ajustement. Or, pour nous, c’est l’inverse qui doit s’organiser. C’est le citoyen, c’est le projet politique qui doit être au poste de commandement, tandis que la finance et l’économie doivent se plier à ses finalités. »

Entretien avec Bernard Cassen, www.oftt.eu/IMG/article 2007.

 

« (Alter-mondialisme) désigne l’ensemble des valeurs, attitudes et pratiques dont se réclament les divers collectifs de la société civile favorables à l’édification d’un autre monde, plus soucieux du développement de l’humanité et de son environnement que de la recherche du seul profit à court terme imposé par la globalisation néolibérale (…)
La partie (…) est moins contrastée qu’il n’y paraît entre altermondialistes et ceux que ces derniers nomment maladroitement les maîtres du monde, en prenant le plus souvent le simple contre-pied de leurs adversaires sans remettre en cause les présupposés d’une pensée dominante dont ils ne cessent, par ailleurs, de vitupérer le caractère tyrannique (…) la plupart communient dans une propension à la contestation dans le système plutôt que du système : à la dissension plutôt qu’à la dissidence. »

 

Geoffrey Geuens in « Les nouveaux mots du pouvoir »,
Durand dir., Éd. Aden, Bruxelles, 2007, p. 17-19.

 

« Alors que les effets des changements climatiques s’accélèrent, alors qu’il est reconnu scientifiquement qu’il nous faudrait aujourd’hui 1,6 planète Terre pour supporter l’activité humaine, alors qu’il devient clair que notre action sur cette planète est plus grande que la capacité de régénération de celle-ci, la question des droits environnementaux des générations futures est dorénavant posée. Prisme universel d’analyse du politique et du social, la compréhension des liens et surtout de l’incompatibilité entre la protection de l’environnement et le système capitaliste industriel représente le défi majeur pour l’avenir du mouvement altermondialiste. »

Michel Lambert, « Écologie politique et altermondialisme »,
redtac.org/possibles/2009, vol. 32, n° 3-4, p. 35.

« Un principe commun transcende cependant la diversité inhérente à la mouvance altermondialiste : c’est l’idée que les droits des gens – sociaux, politiques, culturels et écologiques – priment sur le droit des affaires.
Cette « approche par les droits » se différencie explicitement du discours « dominant » sur les droits, qui véhicule une conception libérale « minimaliste » des droits humains limitée aux droits civils et politiques (…) D’une certaine manière, cette référence permanente aux droits est le contraire d’une posture révolutionnaire : elle vise tout simplement à faire appliquer des droits qui, pour la plupart, existent déjà au sein des textes juridiques internationaux. »

www.cetri.be/IMG/pdf/fiche-altermondialisation, 2006.

« Si l’enjeu n’est plus la prise révolutionnaire du pouvoir d’État, alors il ne peut être que de repousser en permanence les limites de la sphère de la marchandise au profit de la sphère publique, au profit donc d’un certain nombre de droits et de biens collectifs. Le combat apparaît ainsi paradoxalement plus difficile, car il est assimilable à une guérilla où rien n’est jamais gagné durablement ni facile à consolider. De plus, la différence avec les programmes réformistes ne serait en réalité qu’une différence d’ampleur des réformes, pas une alternative au sens où l’était le socialisme soviétique. Le réformisme apparaît donc comme l’horizon indépassable de notre époque. En conséquence, il risque d’être fort difficile de réformer. Sauf, naturellement, si se produisait un vaste mouvement des consciences pour l’égalité, qui ne pourrait être fondé que sur la conviction que la vraie liberté est celle qui résulte de la mise en pratique de l’égalité. »

 

Pierre-Noël Giraud, « La Mondialisation, émergences et fragmentations »,
Sciences Humaines Éditions, 2012, conclusion, p. 156-157.