(voir aussi Transhumanisme )
Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« Nous ne saurions restreindre notre sympathie, en admettant même que l’inflexible raison nous en fit une loi, sans porter préjudice à la plus noble partie de notre nature. Le chirurgien doit se rendre inaccessible à tout sentiment de pitié au moment où il pratique une opération, parce qu’il sait qu’il agit pour le bien de son malade ; mais si, de propos délibéré, il négligeait les faibles et les infirmes, il ne pourrait avoir en vue qu’un avantage éventuel, au prix d’un mal présent considérable et certain. Nous devons donc subir, sans nous plaindre, les effets incontestablement mauvais qui résultent de la persistance et de la propagation des êtres débiles. »
Charles Darwin,
« La descendance de l’homme et la sélection sexuelle » (1871), Reinwald éd. 1891, p. 145.
« Je souhaiterais beaucoup que l’on empêcha entièrement les gens de catégorie inférieure de se reproduire, et quand la nature malfaisante de ces gens est suffisamment manifeste, des mesures devraient être prises en ce sens. Les criminels devraient être stérilisés et il devrait être interdit aux personnes faibles d’esprit d’avoir des descendants. »
Theodore Roosevelt, « on Race, Riots, Reds, Crime », 1913, Probe, 1968, p. 27.
« La domination des 6000 Spartiates sur les 350000 hilotes n’était pensable qu’en raison de la valeur raciale supérieure des Spartiates. Mais celle-ci a été le résultat d’une préservation planifiée de la race, en sorte que nous devons voir dans l’État spartiate le premier État raciste. L’élimination d’enfants malades, faibles, mal formés, entendons par là leur extermination, était plus digne et, en réalité, plus humaine que la pathétique bêtise d’aujourd’hui, qui consiste à conserver à tout prix les sujets les plus malades alors que l’on prive de vie des centaines de milliers d’enfants sains par une politique antinataliste. »
Adolf Hitler (1928)
in Johan Chapoutot, « Le nazisme et l’Antiquité », puf, 2012, p. 331.
« L’eugénisme volontaire conduirait non seulement à la production d’individus plus forts, mais aussi de familles où la résistance, l’intelligence et le courage seraient héréditaires. Ces familles constitueraient une aristocratie, d’où sortiraient probablement des hommes d’élite. La société humaine doit améliorer, par tous les moyens possibles, la race humaine. Il n’existe pas d’avantages financiers et sociaux assez grands, d’honneurs assez hauts, pour récompenser convenablement ceux qui, grâce à la sagesse de leur mariage, engendreraient des génies. »
Alexis Carrel, « L’homme, cet inconnu », Plon, 1935.
« Jusqu’en ces dernières années, le projet d’appliquer à notre espèce les méthodes de sélection artificielle, si fructueuses entre les mains de l’éleveur, ne soulevait guère que des difficultés d’ordre psychologique, social ou moral. On les repoussait comme dégradantes, déshumanisantes, contraires à la dignité de l’être pensant (…) J’avoue que, pour ma part, si persuadé que je sois qu’on se dirige vers un tel futur, et tout en acceptant avec une large part de moi-même l’entreprise qui doit élever notre espèce, je ne puis me défendre d’un peu de malaise en voyant s’esquisser ce monde gouverné par la biologie et la chimie, où le meilleur de l’homme sera voulu, prévu, calculé, où le talent, le don, la charité, la vertu seront obtenus à volonté par des artifices techniques. »
Jean Rostand,
« Inquiétudes d’un biologiste », Stock, Poche, 1967, p. 20-28.
« … l’idée même d’une amélioration génétique de l’humanité n’est pas par elle-même répugnante d’un point de vue moral. Ce qui est répugnant, c’est la représentation inégalitaire de la dignité des hommes, et les pratiques coercitives qui ont accompagné l’eugénisme du passé. Rien ne nous empêche de rêver d’une autre humanité, culturellement, politiquement et scientifiquement suffisamment avancée pour mieux maîtriser le cortège de souffrances qui accompagnent son évolution naturelle. »
Jean Gayon,
« L’eugénisme, hier et aujourd’hui », EDP Sciences, 1999.