Sexisme

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…  

« Heureux l’homme qui a une bonne épouse : sa vie sera deux fois plus belle.
La femme courageuse fait la joie de son mari : il possédera le bonheur tout au long de sa vie. Une femme de valeur, voilà le bon parti, la part que le Seigneur donne à ceux qui le servent ; riches ou pauvres, ils ont le cœur joyeux, en toute circonstance leur visage est souriant. La grâce de la femme enchante son mari, et ses talents lui donnent le bien-être.
Une femme qui sait se taire est un don du Seigneur. Rien ne vaut une femme préparée à sa tâche. C’est un don merveilleux qu’une femme discrète. Une âme qui se maîtrise est un trésor sans prix. »

 « Livre de Sirac le Sage », 26, 1-4, 13-16, (III e s. av. J.-C.)

 

« Simon Pierre leur dit : « Que Marie nous quitte, car les femmes ne sont pas dignes de la Vie [éternelle] « . Jésus répondit : « Voici que moi je l’attirerai pour la rendre mâle, de façon à ce qu’elle aussi devienne un esprit vivant semblable à vous, mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le Royaume des cieux ». »

Évangile de Saint Thomas (manuscrit du IV e s. découvert en 1945)

 

 « Si l’être humain était vierge pour toujours, aucun fruit ne proviendrait de lui. Doit-il devenir fécond, il lui faut de nécessité être une femme. Femme est le mot le plus noble que l’on peut attribuer à l’âme et est bien plus noble que vierge. Que l’être humain reçoive Dieu en lui, c’est bien, et dans cette réceptivité il est intact. Mais que Dieu devienne fécond en lui, c’est mieux ; car la fécondité du don est la seule gratitude pour le don, et l’esprit est une femme dans la gratitude qui engendre en retour là où pour Dieu il engendre Jésus en retour dans le cœur paternel. »

 Eckhart von Hochheim dit Maître Eckhart (1260-1327), « Sermon 2 ».

« Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,
Qu’une femme étudie et sache plusieurs choses.
Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l’œil sur ses gens,
Et régler sa dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie. »

Molière, « Les femmes savantes », 1672.

« Préambule
Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent d’être constituées en Assemblée nationale ; considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme (…)
En conséquence le sexe supérieur en beauté, comme en courage dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne:
Article premier
La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune (…)
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la Loi. »

 Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, « Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne », 1791.

 

« Considérant :
11º. Que la société civile, dans la distribution de ses rôles, n’en a donné qu’un passif aux femmes. Leur empire a pour limites le seuil de la maison paternelle ou maritale. C’est là qu’elles règnent véritablement. C’est là que, par leurs soins journaliers, elles dédommagent les hommes des travaux et des peines qu’ils endurent hors de leurs foyers. En conséquence :
La Raison veut (dut-elle passer pour Vandale) que les femmes (filles, mariées ou veuves) ne mettent jamais le nez dans un livre, jamais la main à la plume. »

Sylvain Maréchal, « Projet de Loi »,1801.

 

« Si les femmes n’eussent pas su lire, la superstition les maîtriserait encore ainsi que leurs enfants (…) O Voltaire ! Que dirais-tu si tu voyais aujourd’hui le « projet de loi » [prônant l’interdiction d’apprendre à lire aux filles], toi qui étais si content quand on t’assurait que les marchandes de la rue Saint-Denis lisaient tes jolis romans et tes facéties, et qui t’écriais : tant mieux ! C’est par les femmes que la raison entrera dans la tête des hommes. »

Marie Gacon-Dufour, « Contre le projet de loi de Sylvain Maréchal », 1801 (Gallica).

 

« Le bonheur de l’homme, en amour, se proportionne à la liberté dont jouissent les femmes. »

Charles Fourier, « Théorie des quatre mouvements et des destinées générales », (1808).

 

 « Supérieures par l’amour, mieux disposées à toujours subordonner au sentiment l’intelligence et l’activité, les femmes constituent spontanément des êtres intermédiaires entre l’Humanité et les hommes. »

Auguste Comte, « Système de politique positive », 1854.

 
 

« Ce qu’il y a de merveilleux dans la nature et dans la Providence, c’est qu’aucun conflit entre les deux sexes n’est possible tant que chacun remplit les fonctions que la nature lui a destinées (…) Les sacrifices auxquels consent la femme dans la lutte pour la sauvegarde du peuple dans chaque foyer sont à l’image de ceux de l’homme dans sa lutte pour tout le peuple. À l’héroïsme de l’homme sur le champ de bataille répondent le dévouement, la souffrance et la soumission de la femme. Chaque enfant qu’elle met au monde est une bataille qu’elle livre pour l’existence ou l’anéantissement de son peuple. »

 Adolf Hitler in « La morale des seigneurs », Hans Peter Bleuel, Belfond, 1974, p. 59 et 61.


« On ne naît pas femme : on le devient… C’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. »

Simone de Beauvoir, « Le deuxième sexe », Gallimard, 1949.

 

 

« Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère d’exception, sans que la société paraisse l’encourager ?
Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme — je m’excuse de la faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame.
C’est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme. »

Simone Veil, Discours sur l’avortement, 26 novembre 1974.

« La société met l’emprise dès les premiers jours sur l’enfant, mâle ou femelle, de manière à fabriquer à partir de là, conformément aux exigences de notre civilisation d’aujourd’hui, un homme qui soit ce qu’on appelle un homme et une femme qui soit ce qu’on appelle féminine. Donc, je crois absolument qu’il y a de profondes différences entre les hommes et les femmes, au désavantage des femmes d’ailleurs dans l’ensemble – dans l’ensemble, parce qu’il y a de rares exceptions. Ces différences ne viennent pas des natures féminines ou masculines, mais de l’ensemble culturel. »

Entretien avec Simone de Beauvoir, Le Monde, 10-11 janvier 1978.

 

 

« Ce sont les féministes qui m’ont sensibilisé au pouvoir de la prise de conscience. Si vous remplacez « history » par « herstory« , c’est parfaitement ridicule car le his de history n’a rien à voir avec le possesseur masculin (…) mais même les exemples stupides de ce genre réussissent à éveiller notre conscience (…) L’homme, les Droits de l’homme, tous les hommes sont créés égaux, un homme, une voix, notre langue donne trop souvent l’impression d’exclure les femmes. Quand j’étais petit, il ne m’est jamais venu à l’esprit que les femmes puissent se sentir blessées par une expression comme « l’avenir de l’homme ». »

 Richard Dawkins, « Pour en finir avec Dieu », Perrin, 2009, p. 148-149.

 

« Le féminisme, c’est aussi le droit pour les femmes d’embrasser les défauts des hommes et d’en rajouter. Ce n’est pas parce que l’oppression fut horrible que la libération va se montrer merveilleuse. »

Pascal Bruckner, « Le mariage d’amour a-t-il échoué ? », Grasset, 2010, p. 95.

 

 « Le mariage temporaire, appelé sigheh en Iran, consiste à contracter un mariage musulman pour une durée déterminée convenue entre l’homme et la femme. Une union allant d’une heure minimum, à un jour, une semaine, et jusqu’à 99 ans au maximum, et pouvant être immédiatement consommée (…) En fait, la loi du sigheh passe surtout comme un moyen d’offrir une couverture religieuse à la prostitution, qui, elle, est proscrite. »

http://www.lepoint.fr › International 02/09/214.

 

«  Comme toute violence symbolique, « violence douce, insensible, invisible pour ses victimes mêmes », la domination masculine repose sur le partage de la croyance, et l’adhésion de la dominée aux principes du dominant, ce qui explique par exemple les conduites d’autodévalorisation des femmes, ou leur préférence pour des hommes plus grands, plus âgés, plus riches qu’elles (…)
Par ailleurs, la position de dominant n’est pas non plus toujours facile, et le  » privilège masculin est aussi un piège [qui] trouve sa contrepartie dans la tension et la contention permanentes (…) qu’impose à chaque homme le devoir d’affirmer en toutes circonstances sa virilité. » »

Christine Détrez in « ABéCédaire de Pierre Bourdieu », J.-P. Cazier, dir., Éd. Sils Maria, 2006, p. 118-119.

« … les « matriciens » s’appuient sur une collection d’exemples historiques (Étrusques, Basques, Celtes, Spartiates, etc.) ou ethnographiques (Touaregs, Ovahimbas, Mosos, Nayars, etc.) de sociétés où les femmes auraient eu ou ont un plus grand poids et une plus grande liberté que dans les sociétés patriarcales. Au-delà de ce constat, leur grand dessein est de contribuer à sauver la famille moderne en la refondant sur la filiation maternelle et les liens librement choisis. Leur grand ennemi est le mariage conjugal, devenu conflictuel et fragile dans les sociétés modernes (…)
Et comment se nomme ce projet ? Tout simplement « Prométhée ». Pourquoi lui ? Parce que si Prométhée, l’un des derniers Titans, vola le feu aux Olympiens, c’était pour donner aux hommes et aux femmes le moyen de fonder un foyer comme ils l’entendaient sans se soumettre à Zeus, le vainqueur machiste des grandes déesses primordiales. Que le matriarcat en soit un ou non, les mythes nous rattrapent toujours. »

Nicolas Journet, « Le matriarcat, mythe ou paradis perdu ? »
in « Les Grands Dossiers des Sciences Humaines »,

Janv. 2015.

Droits de l’homme

(voir aussi Sexisme)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Tous les hommes sont égaux par la nature, ils ont tous également le droit de vivre et de marcher sur la terre, et d’avoir part aux biens de la terre en travaillant utilement les uns et les autres pour avoir les choses nécessaires et utiles à la vie. »

 « Mémoire des pensées et sentiments de Jean Meslier, curé d’Étrépigny », début XVIII e s. 


« Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme (…)
Art. 1er. – Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
Art. 2. – Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.
Art. 3. – Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.
Art. 4. – La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789)

 

 

« Tout mariage entre une personne blanche et une personne nègre ou entre une personne blanche et une personne d’ascendance nègre à la quatrième génération est interdit. »

Lois « Jim Crow » en Floride, suite à l’arrêt « Plessy contre Ferguson »,
Cour suprême des États-Unis, 1896.

« Loi pour la protection du sang et de l’honneur allemands du15 septembre 1935
Pénétré de la conscience que la pureté du sang allemand est la prémisse de la perpétuation du peuple allemand, et inspiré par la volonté indomptable d’assurer l’avenir de la nation allemande, le Reichstag a adopté à l’unanimité la loi suivante, qui est proclamée par la présente :
– 1.1. Les mariages entre Juifs et citoyens de sang allemand ou apparenté sont interdits. Les mariages conclus malgré cette interdiction sont nuls, même s’ils ont été conclus à l’étranger de façon à contourner la présente loi.
– 1.2 L’action en annulation ne peut être initiée que par le procureur public.
– 2. Les relations extraconjugales entre Juifs et citoyens de sang allemand ou apparenté sont interdites.
– 4.1. Il est interdit aux Juifs de hisser et d’arborer les couleurs nationales du Reich. »

Les lois de Nuremberg (1935)

« Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre Proclamation d’Émancipation. Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’esclaves marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de leur captivité. Mais, cent ans plus tard, le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination (…)
Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain, je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : « Nous tenons cette vérité pour évidente par elle-même que tous les hommes sont créés égaux.«  »

Discours de Martin Luther King (1963)