Partis

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Les factions personnelles adviennent très aisément dans les républiques. Chaque querelle domestique devient alors une affaire d’État »

David Hume, «  Essays Moral and Political », 1742.

 

 « Si, quand le peuple suffisamment informé délibère, les Citoyens n’avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulterait toujours la volonté générale, et la délibération serait toujours bonne. Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dépens de la grande, la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière par rapport à l’État : on peut dire alors qu’il n’y a plus autant de votants que d’hommes, mais seulement autant que d’associations (…) Il importe donc pour avoir bien l’énoncé de la volonté générale qu’il n’y ait pas de société partielle dans l’État, et que chaque Citoyen n’opine que d’après lui. »

Jean-Jacques Rousseau,
« Le contrat social », II, 3, 1762.


« Qui détient réellement le pouvoir aujourd’hui en Belgique ?
C’est la question fondatrice du Crisp ! À l’époque de la création du centre, dans les années 1950, le constat était que ce n’était ni le gouvernement ni le Parlement qui se trouvaient en tête de liste des décideurs. C’était surtout les grands groupes financiers et industriels, les partis politiques et l’Église catholique. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? L’Église a indubitablement perdu de son influence. Pour le reste, le jeu des décisions prises au niveau national est devenu très corseté par l’Europe qui est un pôle de pouvoir prédominant. Nous sommes dans un modèle de décision contraint (…)
Et les groupes financiers et industriels ?
Ils restent très influents. Aujourd’hui, ce sont des multinationales, parfois cotées en Belgique d’ailleurs. Leur réel pouvoir est leur capacité d’investissement et de désinvestissement qui peut les amener à faire du chantage avec le pouvoir politique (…)
Les partis politiques sont-ils toujours aussi puissants ?
Cela n’a pas changé par rapport aux années 1950. La Belgique est moins une démocratie parlementaire qu’une particratie. Ce sont les partis – en tout cas, leur top niveau et leurs techniciens – qui décident avant tout.
Ce pouvoir des partis est-il inquiétant ?
Ce ne sont pas des partis qu’on élit mais des parlementaires. Or le système belge repose sur la discipline de parti. Les élus qui peuvent se permettre d’avoir une voix discordante sont des personnalités incontournables, comme Francis Delpérée (CDH) qui a regretté le manque de débat autour du pacte européen de stabilité. Les autres risqueraient de voir leur carrière politique prendre fin… »

interview de Jean Faniel, dir. du Crisp, par Thierry Denoël
(Le Vif, 09/09/2013)


« Quand on évoque la particratie en Belgique, on pense inévitablement au clientélisme. Cette variante électoraliste de la politisation vise à capter des votes en échange de services divers. Les exemples traditionnels sont l’obtention d’un logement social ou l’obtention d’un emploi dans une administration ou encore l’attribution d’un marché public. Comme la particratie est la version la plus radicale de la démocratie des partis, le clientélisme est la manière la plus poussée d’être à l’écoute de ses électeurs. La frontière est parfois mince entre ce qui relève de ce que l’on est en droit d’attendre du mandataire et ce qui peut constituer une forme de corruption, entre ce qui est acceptable démocratiquement parlant et même sain et ce qui est un abus (…)
En conclusion, côté pile, on peut saluer le rôle essentiel des partis lorsqu’ils garantissent la stabilité du système politique ou la prise en compte d’intérêts variés, minoritaires parfois, par des acteurs rôdés, mais côté face, la difficulté d’accès dans l’arène politique, ainsi que la politisation et ses dérives creusent le déficit démocratique. »

Caroline Van Wynsberghe,
politique.eu.org› Archives ›(n°79) mars, avril 2013.

 

Démocratie

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« L’État, chez nous, est administré dans l’intérêt du plus grand nombre et non d’une minorité. L’égalité de tous est assurée par les lois et chacun obtient la considération en raison de son mérite et non de sa naissance dans une classe sociale. »

Thucydide, V e s. av. J.-C.

 

« L’équité au sein de l’État exige que les pauvres ne possèdent en aucune manière plus de pouvoir que les riches, qu’ils ne soient pas les seuls souverains, mais que tous les citoyens le soient en proportion de leur nombre. Ce sont là les conditions indispensables pour que l’État garantisse efficacement l’égalité et la liberté. »

Aristote, « La Politique », Vrin, Paris, 1982.

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« Votre salut est entre vos mains, votre délivrance ne dépend que de vous, car c’est de vous seuls que les tyrans obtiennent leur force et leur puissance. Unissez-vous donc, ô peuples ! »

 « Mémoire des pensées et sentiments de Jean Meslier, curé d’Étrépigny », 1729. 

 

 « La nation anglaise est la seule de la terre qui soit parvenue à régler le pouvoir des rois en leur résistant, et qui, d’efforts en efforts, ait enfin établi ce gouvernement sage où le Prince, tout-puissant pour faire du bien, a les mains liées pour faire le mal, où les seigneurs sont grands sans insolence et sans vassaux, et où le peuple partage le gouvernement sans confusion. »

Voltaire,
« Lettres philosophiques », 8ième lettre, « Sur le parlement », 1734.

 
« Il y a, dans chaque État, trois sortes de pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit des gens, et la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil (…)
Tout serait perdu, si le même homme, ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçaient ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d’exécuter les résolutions publiques, et celui de juger les crimes ou les différends des particuliers. »

Montesquieu,
« L’esprit des Lois », livre Xi, ch.VI, 1748.

 

 « Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant. Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution (…) chacun se donnant à tous ne se donne à personne, et comme il n’y a pas un associé sur lequel on acquiert le même droit qu’on lui cède sur soi, on gagne l’équivalent de tout ce qu’on perd, et plus de force pour conserver ce qu’on a. »

Jean-Jacques Rousseau,
« Le contrat social », I, 6, 1762.

 

 « En demandant justice pour les pauvres, nous veillons sur ce riche que les coups du sort peuvent demain faire tomber dans la pauvreté. En demandant protection pour les faibles, nous songeons aussi à vous, puissants du jour, que le souffle des vicissitudes humaines peut d’un instant à l’autre dépouiller de votre force. Oui, tous les hommes sont frères ; oui, tous les intérêts sont solidaires. La cause de la démocratie, c’est la cause de la liberté bien entendue, qui ne peut exister là où n’est pas l’unité. La démocratie est comme le soleil, elle brille pour tous. »

Louis Blanc,
« Questions d’aujourd’hui et de demain », Dentu éd., t. II, 1874, p. 29.

 

« Le plus grand argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen. »

« La démocratie, c’est le pire de tous les régimes… à l’exception de tous les autres. »

Winston Churchill (1874-1965)

 

« Mon idéal politique est l’idéal démocratique. Chacun doit être respecté dans sa personne et nul ne doit être idolâtré (…) Je sais fort bien que pour réaliser une organisation quelconque, il est nécessaire qu’un seul pense, ordonne et porte en gros la responsabilité. Mais ceux qui sont commandés ne doivent pas être contraints, ils doivent pouvoir choisir les chefs. Un système autocratique de coercition dégénère, selon moi, en peu de temps. Car la violence attire toujours les hommes moralement inférieurs, et c’est à mon avis une loi que les tyrans de génie ont comme successeur des coquins. »

Albert Einstein,
« Comment je vois le monde », Flammarion, 1958, p. 5.

 

 « Une démocratie qui n’imprègne pas la vie de tous les jours et la possibilité effective de choisir ses propres comportements quotidiens peut-elle être vraiment tenue pour une démocratie réelle et vivante ? (…) on ne galvaude point le sentiment de liberté en le mettant au service de la production d’un quotidien que nous n’avons pas choisi et, par conséquent, au service de l’inertie sociale. S’il vous plaît, ne confondons pas démocratie et idéologie libérale. »

Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois,
« Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens »,

PUG, 2002, introd., p. 263.

 

« N’est-il pas exact que, au moment précis où le bulletin est introduit dans l’urne, l’électeur transfère dans d’autres mains, sans autre contrepartie que des promesses entendues pendant la campagne électorale, la parcelle de pouvoir politique qu’il possédait jusqu’alors en tant que membre de la communauté de citoyens ? (…)
En principe, il ne viendrait à l’idée de personne d’élire comme représentants au Parlement des individus corrompus, même si la triste expérience nous enseigne que les hautes sphères du pouvoir, sur les plans national et international, sont occupées par de tels criminels ou par leurs mandataires (…) L’expérience confirme qu’une démocratie politique qui ne repose pas sur une démocratie économique et culturelle ne sert pas à grand-chose. (…) Mais on ne remet pas en cause la démocratie. Alors je dis : remettons-la en cause dans tous les débats. Si nous ne trouvons pas un moyen de la réinventer, on ne perdra pas seulement la démocratie, mais l’espoir de voir un jour les droits humains respectés sur cette planète. »

José Saramago,
« Que reste-t-il de la démocratie ? », http://www.monde-diplomatique.fr/2004.

« – Si le capitalisme est si bien toléré en démocratie, sinon réclamé, n’est-ce pas qu’il joue un rôle indispensable à la démocratie – et que celle-ci, politiquement parlant, ne pourrait endosser sans susciter de scandale (…) ce qu’il s’agissait de faire était d’atteindre des ventes optimales quel que soit le produit, quelles que soient ses qualités objectives, sinon quel intérêt ? Je veux dire : quel intérêt en termes de pouvoir ? Alors naquit le marketing, qu’on coupla solidement à la publicité, mais l’ensemble était encore un peu fruste, les cribles trop grossiers… On travaillait au jugé. Il fallut attendre l’affecting pour qu’on sorte véritablement de la préhistoire de la manipulation. Vous savez : on fait comme si la logique capitaliste avait envahi sournoisement le monde politique, y avait transposé ses méthodes pour finalement en faire un vaste marché où une offre-politicien rencontrerait des demandes-électeurs, et certains s’en étonnent ! Mais en quoi faire vendre serait-il différent de faire voter ? Et même de gouverner ? Ne s’agit-il pas toujours, à partir d’une liberté présupposée, d’orienter des choix ? Et pour cela, eh bien, de quels moyens avait-on besoin ?
– Des sciences dites « humaines »…
– Oui, mais d’abord des médias. Des médias de masse comme producteurs de l’impact affectif… Et autour, en soutien, vous avez raison, d’une sociologie des comportements qui soit capable de dégager les principales chaînes émotives ; d’en dresser une typologie fouillée ; d’examiner la mécanique intime des schèmes stimuli/réaction ; de segmenter les tendances sentimentales par âge, sexe, plasticité, réseau relationnel, sociostyles, etc. – tout cela en fonction des stratégies d’impact et des cibles visées.
– Avec, au bout, le marketing personnalisé…»

Alain Damasio,
« La zone du dehors »,
Gallimard, Folio science-fiction, 2007, p. 374-375.

« … le mot démocratie constitue de nos jours un contresens par rapport à son étymologie et à la naïveté confondante des manuels de droit constitutionnel, dans la mesure où ses monopolisateurs libéraux (néo, ultra, etc.) voient dans l’infrastructure économique le fondement du bonheur du dèmos (…) Les fameuses démocraties grecques ostracisaient une majorité de la population pour des raisons sociales. La démocratie mondialisée fait mieux : elle exclut des populations entières ou, plus exactement, d’un point de vue politique, la population mondiale pour des motifs idéologiques. »

 Paul Dirkx, in « Les nouveaux mots du pouvoir »,
Durand dir., Éd. Aden, Bruxelles, 2007, p. 130-131.

« … Transparence pour les puissants, protection de la vie privée pour les faibles. C’était cela, le véritable credo du fondateur de Wikileaks, et il était déjà formulé dans les publications des International Subversives vingt ans auparavant : hors de question de soumettre tous les êtres humains à une surveillance permanente afin qu’ils adoptent un comportement plus décent ! Aux yeux de Julian, le projet de Singer était néfaste, dangereux, totalitaire. Visible Man, c’était une célébration des surveillances du département d’Etat américain, d’Apple, de Google, et nullement un plaidoyer pour Wikileaks. »

  Alexandre Lacroix,
« Ce qui nous relie »,
Allary Editions, 2015, p. 134.

Collectivisme

(voir aussi Utopie)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Quelles que soient les formes revêtues par la république, même la plus démocratique, si c’est une république bourgeoise, s’il y subsiste la propriété privée sur la terre, les usines et les fabriques, et si le capital privé y tient toute la société en état d’esclavage salarié, autrement dit si l’on n’y réalise pas ce que proclame le programme de notre parti et la Constitution soviétique, alors cette république est une machine qui sert aux uns à opprimer les autres (…) tant que l’exploitation existe, il ne peut y avoir d’égalité. Le propriétaire foncier ne peut être l’égal de l’ouvrier, l’affamé celui de l’homme repu. »

Lénine, « L’État et la Révolution », Les Éditions sociales, 1938.

 

 « Fourier imagine le « phalanstère ». Il s’agit d’un lieu associant logement et travail pour une « phalange », soit 1500 à 1600 personnes – 400 familles, les unes pauvres, les autres riches (…) Pas question, donc, de supprimer les inégalités : au sein du phalanstère, il y aura toujours des riches et des pauvres, même si des règles particulières permettront de « faire aux sociétaires pauvres l’avance d’un minimum, avec la certitude qu’ils auront gagné plus que leur dépense à la fin de l’année ». Pas question, non plus, de supprimer le marché : tout est vendu et, si le salariat est aboli, l’actionnariat ouvrier le remplace. Pas davantage question de supprimer la propriété privée : il s’agit au contraire de la généraliser, chacun ayant vocation à devenir actionnaire, de manière à ce que  » le pauvre (…), ne possédât-il qu’une parcelle d’action, qu’un vingtième », est propriétaire du canton entier en participation. Il peut dire : « Nos terres, notre palais, notre château, nos forêts, nos fabriques » : tout est sa propriété… »

Denis Clerc, « Charles Fourier (1772-1837) : l’utopie du phalanstère »,
http://www.creslr.org/fr/imgdyn/

 

 « Fondé en 1949 par un groupe de jeunes Juifs nés en Palestine et en Allemagne, Maagan Michaël est le plus grand kibboutz d’Israël, l’un des plus riches aussi, serrant entre la mer et les contreforts du Mont Carmel ses maisons noyées dans une végétation exubérante, sa piscine, son cinéma, ses installations sportives, son intranet et sa médiathèque, ses plages et ses champs, bassins de pisciculture et usines (…)
Coté démocratie, tout se décide lors des assemblées générales bimensuelles : depuis l’allocation d’une maison à un divorcé à l’acceptation d’un nouveau membre. Coté égalité, les revenus des activités du kibboutz sont répartis entre les membres qui perçoivent la même allocation.
Modeste, cette allocation garantit néanmoins un niveau de vie supérieur à la moyenne, la plupart des services – logement, éducation, formation, santé, laverie, sports, maison de retraite, aide en cas de handicap – étant gratuits.
« Le système collectiviste recule doucement », dit Uzi Lindner, responsable de l’élevage de carpes d’ornement pour la société Mag Noï à laquelle participe le kibboutz. Le slogan fondateur « chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » pâlit. »

Corinne Bensimon,
« Un riche bastion du collectivisme », mai 2008, http://www.lberation.fr.

 

« Tous les prévisionnistes supputaient, il y a une vingtaine d’années, la disparition des Amish dans le grand « melting pot » américain. Il n’en est toujours rien aujourd’hui. La vie en autarcie pratiquée par les Amish semble les protéger des grandes menaces que constituent les déviances dues à la surexploitation des ressources et à l’élaboration de nouvelles technologies. Ils produisent eux-mêmes ce qu’ils consomment et font absorber à leur bétail. Aussi, sont-ils protégés des OGM et, plus généralement, de tout ce dont l’impact sur l’environnement et la santé n’est que très mal maîtrisé par leurs créateurs. Farines animales et maïs transgénique sont inconnus chez eux. À découvrir cette société singulière, on ne peut qu’être amené à réfléchir sur bien des aspects de la nôtre… Les Amish, par leur respect des choses simples et essentielles de la vie, sont probablement, à l’heure actuelle, en avance sur les rêves les plus fous de fraternité, d’entraide, de solidarité, de respect d’autrui et de conservation de l’espèce… »

Marielou Dhumez,
« USA : Les Amish… Retour vers le passé », www.participez.com, 2003.

Anarchisme

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

 

« États, Constitutions, Église… se sont toujours évanouis dès que l’individu a levé la tête, car l’individu est l’ennemi irréconciliable de tout ce qui tend à submerger sa volonté sous une volonté générale, de tout lien, c’est-à-dire de toute chaîne. »

Max Stirner, « L’Unique et sa propriété », 1844.

 

 

« Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre ni la science, ni la vertu… Être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé … »

Pierre-Joseph Proudhon, « Idées générales de la révolution », Garnier, 1851.

 

« La liberté ne peut et ne doit se défendre que par la liberté ; et c’est un dangereux contresens que de vouloir y porter atteinte sous le prétexte spécieux de la protéger. »

Michel Bakounine, extrait d’un discours (1868) in Daniel Guérin, « L’anarchisme », Gallimard, 1965, p. 37.

 

« Nous désirons la liberté et le bien-être de tous les hommes sans exception. Nous voulons que chaque être humain puisse se développer et vivre le plus heureusement possible. Et nous croyons que cette liberté et ce bien-être ne pourront être donnés ni par un homme, ni par un parti, mais que tous devront en découvrir en eux-mêmes les conditions et les conquérir. Nous considérons que seule la plus complète application du principe de la solidarité peut détruire la lutte, l’oppression et l’exploitation, et la solidarité ne peut naître que du libre accord, de l’harmonisation spontanée et voulue des intéressés. »

Errico Malatesta, « Un peu de théorie », 1892.

« Bien qu’elle n’ait pas encore trouvé la forme sûre, la pensée anarchiste ne peut manquer de se répandre à mesure que grandira la pression de la société sur l’individu, car cette pression opprime abusivement un élément nécessaire à la perfection humaine (…) Une libre égalité fondée sur une coopération spontanée, et non sur la force gouvernementale ni sur la contrainte sociale, tel est l’idéal anarchiste le plus haut (…) Mais la nature humaine est une nature de transition (…) nous sommes finalement contraints de viser plus haut et d’aller plus loin. Un anarchisme spirituel ou spiritualisé pourrait sembler plus proche de la vraie solution. »

Sri Aurobindo, « Le cycle humain », Buchet/Chastel, 1994, p. 331.

 

 « Ne pas être anarchiste à seize ans, c’est manquer de cœur. L’être encore à quarante ans, c’est manquer de jugement. »

George Bernard Shaw

« Manifeste du libertaire
– Affirmer comme but fondamental de notre action, le libre épanouissement des forces critiques, créatives et jouitives faisant de chaque être humain une entité unique, responsable et heureuse de vivre.
– Accepter la pluralité des opinions philosophiques – à l’exclusion de toute idéologie engendrant un fanatisme incompatible avec notre but premier – et l’accueillir comme source d’enrichissement de notre propre existence (…)
Ces principes nécessitent notamment la disparition de tout groupe de pression idéologique ou commercial menaçant, ne fut-ce que par les procédés abjects de la publicité et de la propagande, la liberté individuelle ; que les entreprises soient soumises aux principes de l’autogestion (…) ; la suppression de l’État et de son appareil de répression (armée, police, juristes, sociologues, clergé) et son remplacement par la libre fédération des communautés autonomes. »

« Qu’est-ce que l’anarchisme ? », mensuel « Le Libertaire » n°7, Liège, 1969.