Temps imaginaire

(voir aussi  Multivers et Singularité)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…  

« … depuis la découverte de la mécanique quantique, nous devons considérer l’Univers comme ayant toutes les histoires possibles. Il me semble que l’idée de temps imaginaire est quelque chose qu’il nous faudra aussi accepter. C’est un bond intellectuel du même ordre que de croire à la rotondité de la terre (…)
Vous pouvez vous représenter le temps réel, ordinaire, comme une ligne droite orientée de la gauche vers la droite. Mais vous pouvez aussi considérer une autre direction du temps, du bas vers le haut. C’est le temps dit « imaginaire », qui est à angle droit du temps réel.
Quel est l’intérêt d’introduire ce concept ? (…) la matière et l’énergie tendent à courber l’espace sur lui-même. Dans la dimension du temps réel, cela conduit inévitablement à des singularités, à des endroits où l’espace-temps prend fin. Aux singularités, les équations de la physique ne sont plus définies ; on ne peut donc prédire ce qui arrivera… [tandis que] les dimensions spatiales et le temps imaginaire formeraient un espace-temps fermé sur lui-même, sans frontière ni bord. Il n’y aurait aucun point que l’on puisse qualifier de début ou de fin, pas plus que la surface de la Terre n’a de début ou de fin (…) Ainsi, on peut espérer arriver à une théorie entièrement unifiée, une théorie qui prédise tout dans l’Univers. »

Stephen Hawking,
« Trous noirs et bébés univers », Odile Jacob, 1994, p. 78-79.

 

« … le temps imaginaire pur existe lorsque le temps réel, lui, n’existe pas encore, autrement dit : à l’instant zéro. Vous pouvez donc sans effort en déduire avec nous qu’à l’instant zéro – au moment où l’Univers n’existe encore qu’en temps imaginaire – ce que nous appelons dans notre monde « énergie » n’existe pas non plus (…)
Nous voici donc face à cette forme d’énergie cristallisée, qui associe un nombre à chaque point. Au lieu d’énergie imaginaire nous allons l’appeler « information ». Et nous en déduisons donc qu’à l’instant zéro, il n’y a rien d’autre que de l’information. Quelque chose de purement numérique mais qui « encode » toutes les propriétés de L’Univers destiné à apparaître après le Big Bang (…)
Autrement dit, se poser la question de savoir ce qu’il y avait « avant le Big Bang » équivaut un peu à se demander ce qu’il y avait avant que vous n’introduisiez le CD dans le lecteur : la mélodie était bien « là », mais sous forme d’information. »

 Igor et Grichka Bogdanov,
« Le visage de Dieu », Grasset, 2010, p. 246-249.

Singularité

(voir aussi Temps imaginaire)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« … la croissance est maintenant telle que nous parviendrons bientôt à un état de transformations si profondes, si rapides, si denses que toute l’existence humaine basculera (…) les cent années du XXI e siècle seront l’équivalent de vingt mille ans de progrès au rythme d’aujourd’hui. C’est ce que l’on nomme une singularité, c’est-à-dire le moment à partir duquel tout change sans qu’un retour en arrière soit possible. »

Ollivier Dyens,
« La condition inhumaine, essai sur l’effroi technologique », Flammarion, 2008, p. 171.

 

« La singularité est un point de non-retour au-delà duquel, c’est l’inconnu. Plus le physicien se rapproche, par le calcul, des premiers instants de l’univers, de l’origine du Big Bang, plus ses équations s’affolent et se révèlent impuissantes à cerner la matière.
Lorsqu’un corps quelconque est capté par le champ gravitationnel d’un trou noir, nul ne sait sous quelle forme subsisteront ses composants ultimes une fois atteinte la singularité.
La singularité exprime également les aléas d’une mutation de nos sociétés : avec le développement des nanotechnologies et de l’I.A, notre espèce, dont l’expansion court à ses asymptotes, va connaître des bouleversements dont nul ne peut prévoir les conséquences. La seule certitude qui semble acquise, c’est que rien ne sera plus comme avant. »

Yves Thelen

 

 « En prédisant des points de densité infinie – appelés singularités –, la relativité générale prédit du même coup sa faillite (…) une théorie quantique de la gravitation offrirait une possibilité nouvelle qui, si elle était exacte, résoudrait ce problème (…)
L’espace-temps ressemblerait à la surface de la Terre, mais avec deux dimensions supplémentaires (…) si vous voyagez dans une certaine direction, vous finissez par vous retrouvez à votre point de départ sans vous être jamais heurté à une singularité.
Si l’espace-temps est dépourvu de conditions aux limites, nous n’avons plus besoin de connaître l’état initial de l’Univers (…) L’Univers serait entièrement contenu en lui-même et rien d’extérieur à lui ne pourrait l’affecter. Il ne pourrait être ni créé ni détruit. »

Stephen Hawking,
« Une belle histoire du temps », Flammarion, 2005, p. 116-120.

« … puisque la vitesse des ordinateurs double tous les deux ans, la vitesse de pensée d’une IA doublera tous des deux ans, au pire : car une I.A. qui dispose de la capacité de s’auto améliorer, voire de reconcevoir sa propre architecture matérielle et les processeurs sur lesquels elle tourne, pourra doubler sa vitesse de calcul et de pensée en un délai bien plus court. Il est plus que probable même, que le délai entre deux doublements de la vitesse de calcul va diminuer à chaque étape, pour tendre vers zéro. Nous avons ici un premier aperçu de l’un des chemins qui nous conduiront inéluctablement vers la singularité, cet événement sans précédent dans l’histoire humaine. »

Serge Boisse,
« L’esprit, l’IA et la singularité », Lulu.com, 2007, p. 414.