Société de consommation

(voir aussi Croissance, Mondialisation et Simplicité)

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Il y a quelque chose de plus dans l’amoncellement que la somme des produits : l’évidence du surplus, la négation magique et définitive de la rareté, la présomption maternelle et luxueuse du pays de Cocagne. Nos marchés, nos artères commerciales, nos Superprisunic miment ainsi une nature retrouvée, prodigieusement féconde : ce sont nos vallées de Canaan où coulent, en fait de lait et de miel, les flots de néon sur le ketchup et le plastic, mais qu’importe ! L’espérance violente qu’il y en ait non pas assez, mais trop et trop pour tout le monde, est là… »

Jean Baudrillard,
« La société de consommation », Denoël, 1970, p. 19.


« Les énormes firmes de relations publiques, de publicité, d’art graphique, de cinéma, de télévision… ont d’abord pour fonction de contrôler les esprits. Il faut créer des « besoins artificiels », et faire en sorte que les gens se consacrent à leur poursuite, chacun de leur côté, isolés les uns des autres. Les dirigeants de ces entreprises ont une approche très pragmatique: « il faut orienter les gens vers les choses superficielles de la vie, comme la consommation. » Il faut créer des murs artificiels, y enfermer les gens et les isoler les uns des autres. »

Entretiens de Noam Chomsky avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz,
Éditions des Arènes, 2001.

 

« … si la morale est quelque peu bafouée, c’est parce que la technique de vente employée (la manipulation) vous conduit à consommer non sur la base de votre raison, ni sur la base de vos désirs, mais sur celle d’une technologie des circonstances qui vous prédispose à acheter ceci plutôt que cela. Mais, après tout, aurait-il été plus moral d’inciter un client potentiel à utiliser la savonnette Eurêka avec une technique purement persuasive ? (…) plus moral mais à une condition qui n’échappera à personne : c’est que tout ce qui vient d’être dit des vertus de la savonnette Eurêka soit vrai… ! »

 Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois,
« Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens »,

PUG, 2002, introd., p. 225.

 

« Un photographe connu a rapporté, après avoir enquêté dans le monde entier, qu’en Mongolie un habitant possède en moyenne 300 objets à lui seul et qu’un Japonais en possède 6 000. »

Dominique Loreau,
« L’Art de la simplicité », Marabout, Laffont, 2005, p. 47.

 

 « Désormais, chaque enfant, chaque adolescent, chaque adulte se trouve à la croisée d’un choix : s’épuiser dans un monde qu’épuise la logique d’une rentabilité à tout prix, ou créer sa propre vie en créant un environnement qui en assure la plénitude ou l’harmonie. Car l’existence quotidienne ne se peut confondre plus longtemps avec cette survie adaptative à laquelle l’ont réduite les hommes qui produisent la marchandise et sont produits par elle.»

Raoul Vaneigem,
« Avertissement aux écoliers et lycéens », Mille et une nuits, n°69, p. 15.

« Alors que la technique de matraquage consistait à répéter, un maximum de fois et en un minimum de temps, la marque ou le nom du produit qu’il fallait imposer sur le marché, de nombreuses séquences publicitaires négligent superbement de préciser ce dont il est question. Au subconscient d’effectuer le travail de sape nécessaire pour que l’esprit critique ne puisse interférer dans l’éveil du nouveau désir. Une allusion subtile, les premiers mots d’un slogan déjà intériorisé, quelques notes de musique suffiront à raviver le souvenir inconscient, comme chez l’individu préalablement conditionné sous hypnose. Une fois l’objet ou le « service » imposé sur le marché, la publicité peut se payer le luxe d’être séduisante pour elle-même. Son coût exorbitant rentre dans les frais généraux de la multinationale. Ce sera toujours le consommateur, en fin de compte, qui réglera le surcoût. Notre perte d’autonomie ne pèse guère face à la peur d’un manque à gagner. La boulimie consumériste est devenue obsessionnelle : il nous faut profiter d’une promotion, des soldes, des fluctuations de la Bourse, de notre temps de vacances, bref de la vie ! Et nous vivons dans une frénésie du shopping, dans une course compulsive pour ne pas rater une bonne affaire, dans les brocantes, les souks, les catalogues d’achat par correspondance, les bazars, les faillites, les braderies… tandis que s’aggravent les inégalités entre ceux qui ont trop de tout et les endettés qui ont moins que rien. »

Yves Thelen,
« Eveil à l’esprit philosophique »,
L’Harmattan, 2009, p. 113.

 

Simplicité

(voir aussi Besoins, Croissance et  Société de consommation)

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

 « Vivre tous simplement pour que tous puissent simplement vivre. »

Gandhi (1869-1948)

 

« Combien de générations faudra-t-il sacrifier au nom d’un prétendu développement et au bénéfice de qui ? Un autre modèle est possible. Il consisterait à renoncer à la puissance nationale et à accepter la frugalité (…) À la différence de la misère, la frugalité, estime Ashis Nandy, est parfaitement tolérable : elle est l’essence même de la civilisation indienne. Cette autre économie a été décrite par le Mahatma Gandhi sous le nom de Swadeshi.
Le Swadeshi, explique Nandy, n’est pas un système comme le capitalisme ou le socialisme, c’est un état d’esprit, une force intérieure. Celle-ci nous incite à contrôler nos désirs et à les restreindre à ce qui est accessible dans notre environnement immédiat. Les hommes ont ainsi vécu pendant des milliers d’années sans être nécessairement plus malheureux qu’ils ne le sont aujourd’hui. »

Ashis Nandy
in Guy Sorman, « Les vrais penseurs de notre temps », Fayard, 1989, p. 282.

 

«  En panne d’imagination et tétanisés par la créature que nous avons engendrée, nous voici invités à égrener le chapelet des petits gestes : un potager bio dans le jardin, le tri sélectif dans la cuisine, les ampoules basse consommation partout dans la maison et le covoiturage ou la marche à pied pour tous (…)
Évidement, ces automatismes adoptés par tous pourraient très bien être des solutions individuellement valables et donner sens à l’engagement quotidien, mais qui a envie spontanément de se compliquer la vie, de différer son plaisir et d’être solidaire de ces inconnus vertueux ? Qui veut être le premier sacrifié sur l’autel de l’exemplarité ?
En vérité, le mode de société dans lequel on vit nous tire vers le bas. Une telle forme de régression convient au plus grand nombre, organisée autour de la consommation et du divertissement. »

 G. Ferone et J.-D. Vincent,
« Bienvenue en Transhumanie », Grasset-Fasquelle, 2001, p. 76-77.

 

« … vivre simplement ne m’est pas venu… simplement ! Ce fut plutôt l’aboutissement d’une lente métamorphose, le désir de plus en plus prégnant de vivre avec moins, mais dans plus de fluidité, de liberté et de légèreté. Dans plus de raffinement aussi. J’ai peu à peu réalisé que plus je me délestais, moins ce qui me restait m’était indispensable : finalement, on a besoin de très peu pour vivre. J’ai donc acquis la conviction que moins on a, plus on est libre et épanoui (…)
Tout ce que possède une personne devrait pouvoir tenir dans un ou deux sacs de voyage (…)
Adoptez un tel mode de vie et vous serez capable de vivre dans la paix et la sérénité. Vous obtiendrez quelque chose que peu de gens possèdent : la disponibilité. »

Dominique Loreau,
« L’Art de la simplicité », Marabout, R. Laffont, 2005, p. 17 et 48.

« L’Europe a quelques bonnes raisons de s’intéresser à la frugalité  urbaine : elle est dépourvue de pétrole, et plus généralement d’énergie. Son réseau urbain, fait de villes proches les unes des autres, est particulièrement adapté à un maillage par un réseau ferré rapide. Une part croissante de sa population se dit concernée par les questions écologiques. Sa démocratie locale est active et un certain de nombre de ses villes se sont déjà investies fortement dans la recherche d’une meilleure frugalité.
En somme, de nombreuses conditions – techniques, sociétales, énergétiques, géopolitiques – sont aujourd’hui réunies pour que se réinvente, sur le Vieux Continent, l’art de faire des villes. »

Dominique Loreau,
« L’art de la frugalité et de la volupté », Laffont, 2009.

« Suite à la crise financière et économique qui s’est déclenchée en 2008 dans tous les pays de l’OCDE, des politiques d’austérité draconiennes sont aujourd’hui menées de manière autoritaire et à rebours de l’opinion publique. Et alors même que cette crise est le fruit des politiques débridées de croissance économique fondée sur l’endettement, la finalité de ces politiques d’austérité vise uniquement à assainir les finances publiques et privées pour faire repartir la croissance considérée comme seule condition de stabilité de l’ordre social. Mais, outre le fait que ce projet apparaît comme totalement utopique dans la mesure où les tours de vis financiers ne peuvent que mener à la récession, ces derniers ne peuvent aussi paradoxalement qu’alimenter un chaos social permanent. Indépendamment de ces politiques, est apparu dans le champ social et culturel au début des années 2000, le mouvement de la décroissance favorable à la sobriété volontaire qui rompt radicalement avec l’idéologie de la croissance héritée des années d’après guerre. Contrairement à ce que l’on peut penser, cette conjonction n’est pas le fruit du hasard mais résulte d’un contexte historique particulier marqué par la fin de la croissance dans les pays anciennement industrialisés et, d’une manière générale, par la fin de l’idéologie du progrès (…)
La situation que commencent seulement à vivre les citoyens des pays en crise exige alors non seulement une rupture complète avec nos habitudes héritées de ces cinquante dernières années où, à tous points de vue, nous avons vécu au dessus de nos moyens dans une parfaite inconscience, mais surtout celles ayant trait à nos représentations collectives léguées par l’idéologie du développement. La vérité est que cette rupture nécessaire sera forcément douloureuse en particulier pour tous ceux affectés par le chômage et la baisse du niveau de vie. »

Simon Charbonneau,
« Austérité imposée et sobriété volontaire », oct. 2012, http://www.reporterre.net

Croissance

(voir aussi Apocalypse, Simplicité et Société de consommation)

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons… 

« Et Dieu les bénit, et leur dit : Croissez, et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, dominez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, et tous les animaux qui se meuvent sur la terre. Et Dieu vit que tout ce qu’il avait fait était très bon. »

 Genèse, 1 :28

 

 « On procrée. On promiscuite. On se sent fort d’être beaucoup (…) « Toujours plus de… « , c’est le mot d’ordre. Mais plus de quoi ? Plus de volupté ? Plus d’abîmes franchis et de couleurs neuves ? Non. Toujours plus d’enfants, plus de tonnes d’acier, plus de mètres carrés de surface habitable. C’est le cycle infernal de la natalité et du travail humain (…)
La civilisation de masse où se dilue, jour après jour, tout ce que nous aimons, est le produit de cette croissance folle. L’harassante expansion de l’économie et le conditionnement des individus à une sous-culture qui les rend similaires dans les plus bas niveaux de l’activité mentale, sont les deux faces d’un même phénomène, la natalité. Il est temps de dire : ça suffit, nous avons épuisé les joies du troupeau. »

Raymond Borde,
« L’extricable », Le Terrain Vague, 1970, p. 81-83.

 

« … partout on touche à un point où la dynamique de la croissance et de l’abondance devient circulaire et tourne sur elle-même. Où de plus en plus, le système s’épuise dans sa reproduction. Un seuil de patinage, où tout le surcroît de productivité passe à entretenir les conditions de survie du système. »

Jean Baudrillard,
« La Société de consommation », Gallimard, 1987, p. 44.

 

 « Celui qui croit que la croissance peut-être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »

Kenneth E. Boulding (1910-1993)

 

« La Terre ne pourra supporter pendant longtemps la présence de plus d’un milliard d’individus ayant des exigences semblables aux miennes. Le choix pour demain est ainsi bien délimité : ou bien nous, les privilégiés du club des nantis, poursuivons notre quête sans fin de croissance de notre consommation et nous nous donnons les moyens de repousser les attaques des misérables qui voudront participer au festin (…) ou bien nous changeons radicalement d’objectif et nous nous orientons vers une répartition des richesses plus équitable et compatible avec les limites imposées par la nature. Ce n’est pas vers la « croissance zéro » que les nations riches doivent se diriger, mais vers une croissance négative la plus rapide possible. »

Albert Jacquard,
« À toi qui n’est pas encore né(e) », Calmann-Lévy, Poche, 2000, p. 79-80.

 

« Pour relancer la croissance, le Conseil d’analyse économique (CAE) propose notamment de recentrer l’intégration économique dans les domaines porteurs de croissance : les secteurs des transports, de l’énergie et des télécommunications, les services aux entreprises. Le CAE précise que des instances de régulation européenne doivent être créées et, dans le cas des services, que la législation du pays d’accueil doit s’appliquer aux personnels détachés. Le CAE prône également l’émergence d’une dizaine d’établissements supérieurs de recherche à stature mondiale, financés par l’Union européenne. »

www.vie-publique.fr 20-04-2006.

 

« Opposer écologie et croissance est une bêtise intellectuelle profonde. En réalité on ne peut pas améliorer l’environnement sans croissance. Ce n’est pas la croissance qui pollue, c’est la production. Si on veut changer la nature de la production, il faut évidemment croître. Croître autrement, pour transformer la production. »

Jacques Attali, Europe 1, 24 octobre 2007.


« La décroissance de l’économie fondée sur la valeur d’échange a déjà lieu et s’accentuera. La question est seulement de savoir si elle va prendre la forme d’une crise catastrophique subie ou celle d’un choix de société auto-organisée, fondant une économie et une civilisation au-delà du salariat et des rapports marchands dont les germes auront été semés et les outils forgés par des expérimentations sociales convaincantes. »

 André Gorz,
« Crise mondiale, décroissance et sortie du capitalisme »
in « Ecologica », Éd. Galilée, 2008.

« En résumé, les énergies renouvelables n’ont pas assez de puissance pour compenser le déclin des énergies fossiles, et il n’y a pas assez d’énergies fossiles (et de minerais) pour développer massivement les énergies renouvelables de façon à compenser le déclin annoncé des énergies fossiles. Comme le précise Gail Tverberg, actuaire et spécialiste de l’économie de l’énergie, « on nous dit que les renouvelables vont nous sauver, mais c’est un mensonge. L’éolien et le solaire photovoltaïque font autant partie de notre système basé sur les énergies fossiles que n’importe quelle autre source d’électricité ».

 P. Servigne, R. Stevens,
« Comment tout peut s’effondrer »,
Seuil, 2015, p.54.

Besoins

(voir aussi Simplicité)

 Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Ainsi, nous considérons l’autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire à une obsession gratuite de frugalité, mais pour que le minimum, au cas où la profusion ferait défaut, nous satisfasse. Car nous sommes intimement convaincus qu’on trouve d’autant plus d’agréments à l’abondance qu’on y est moins attaché, et que si tout ce qui est naturel est plutôt facile à se procurer, ne l’est pas tout ce qui est vain. »

Épicure, « Lettre à Ménécée », Éditions Mille et une nuits, 1993.

 

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. »

Louis Blanc,  « Organisation du travail », 1839.

 

 

« Les grands besoins naissent des grands biens, et souvent le meilleur moyen de se donner les choses dont on manque est de s’ôter celles qu’on a : c’est à force de nous travailler pour augmenter notre bonheur, que nous le changeons en misère. Tout homme qui ne voudrait que vivre, vivrait heureux. »

Jean-Jacques Rousseau,
« Les pensées de Jean-Jacques Rousseau », 1764.

 

 « Aujourd’hui, selon les calculs de Global Footprint Network, les besoins de l’humanité dépassent de 50 % les réserves de ressources renouvelables disponibles. Autrement dit, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires pour soutenir l’empreinte actuelle de l’humanité (…) Pour 2014, ce « jour de dépassement » est le mardi 19 août. À compter du 20 août et jusqu’à la fin de l’année, l’humanité va vivre en quelque sorte « à crédit » : pour continuer à boire, à manger, à se chauffer, à se déplacer, à produire, nous allons surexploiter  le milieu naturel et compromettre sa capacité de régénération… »

Laetitia Van Eeckout, Le Monde.fr, 19-08-2014.

« La destruction brutale des plus grandes forêts vierges mondiales, au Brésil ou en Inde, affecte partout les conditions climatiques. Ce sont les raisons pour lesquelles il est devenu impératif d’appeler l’avènement d’une nouvelle Société et pas simplement celui d’un nouvel Ordre économique international. Cette nouvelle Société devra se fonder sur une limitation des besoins secondaires : la satisfaction des besoins vitaux de tous, définis objectivement – ce qui demande de prendre en compte la nature du travail que chacun fait et pas seulement les besoins physiques – doit être la première des priorités avant que l’on songe aux demandes marchandes de certains groupes qui doivent être examinées avec une extrême attention. L’économie ne doit plus être séparée de la culture et de l’éthique. »

« Miroir de l’Inde : études indiennes en sciences sociales »,
Éd.de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 1989.
Édité et traduit par Roland Lardinois.

« Il apparaît de plus en plus clairement que la viabilité de la civilisation, à long terme, nécessitera non seulement une stabilisation du nombre d’êtres humains, mais également une réduction colossale à la fois de la population et de la consommation.
Des estimations scientifiques prudentes, et de plus en plus fiables, laissent entendre que la capacité de charge de la Terre, à long terme, à un niveau de vie qui pourrait être défini comme « modérément confortable » selon les standards des pays développés, pourrait ne pas dépasser deux ou trois milliards de personnes (…)
Visiblement, un changement démographique de cette amplitude nécessitera une réorientation majeure de la pensée, des valeurs, des attentes et des modes de vie de l’humanité. Il n’y a pas de garanties quant au succès d’un tel programme. Mais si l’humanité échoue dans sa tentative, la nature imposera certainement une réalité encore plus dure. En tant qu’anthropologue, je crains que cette crise démographique et environnementale ne se révèle être la plus grande impasse écologique jamais rencontrée par notre espèce.
L’humanité doit reconnaître que la capacité maximale de la Terre a des limites physiques, biologiques et écologiques finies. Et si l’on en juge par les inquiétudes grandissantes sur le maintien de la qualité, de la stabilité et/ou de la durabilité de l’atmosphère, de l’eau, des forêts, des terres agricoles, des zones de pèche et de bien d’autres choses encore sur la planète, il y a peu de doutes quant au fait que beaucoup de ces limites seront bientôt atteintes, si elles n’ont pas déjà été dépassées. »

Kenneth Smail,
World Watch Magazine, sept.-oct. 2004, http://www.ac-strasbourg.fr.

«  Ce n’est pas non plus en menant la vie d’un berger illettré ou en renonçant à toute forme de savoir que l’on devient simple ou minimaliste. C’est au contraire en élargissant sa conscience du monde et en communiant avec son immensité que l’on y parvient. »

Dominique Loreau,
« L’Art de la simplicité », Marabout, R. Laffont, 2005, p. 295.