Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« On peut observer la formation de la morale dans la façon dont nous nous comportons avec les animaux. Lorsque l’utilité et le dommage n’entrent pas en jeu nous éprouvons un sentiment de complète irresponsabilité ; nous tuons et nous blessons par exemple des insectes, ou bien nous les laissons vivre sans généralement y songer le moins du monde (…) Quand les animaux nous portent préjudice nous aspirons par tous les moyens à leur destruction. Et ces moyens sont souvent bien cruels, sans que ce soit là notre intention : c’est la cruauté de l’irréflexion. S’ils sont utiles, nous les exploitons : jusqu’à ce qu’une raison plus subtile nous enseigne que, chez certains animaux, nous pouvons tirer bénéfice d’un autre traitement, c’est-à-dire des soins et de l’élevage. Alors seulement naît la responsabilité. »
Friedrich Nietzsche,
aphorisme 57, « Le voyageur et son ombre », Humain trop humain II
« Considérant que la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s’étant différenciés au cours de l’évolution des espèces,
Considérant que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d’un système nerveux possède des droits particuliers,
Considérant que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la Nature et conduisent l’homme à commettre des crimes envers les animaux,
Considérant que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l’espèce humaine du droit à l’existence des autres espèces animales,
Considérant que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux,
Il est proclamé ce qui suit :
Article 1 : Tous les animaux ont des droits égaux à l’existence dans le cadre des équilibres biologiques. Cette égalité n’occulte pas la diversité des espèces et des individus.
Article 2 : Toute vie animale a droit au respect (…) »
Déclaration Universelle des Droits de l’Animal, UNESCO, Paris, 1978.
« Des penseurs, écrivains, philosophes, scientifiques et historiens cosignent, sous l’égide de la Fondation 30 Millions d’Amis, un manifeste réclamant que les animaux soient enfin reconnus comme des êtres « vivants et sensibles » dans le Code civil (…)
L’ensemble des signataires parmi lesquels figurent les philosophes Élisabeth de Fontenay, Michel Onfray, Edgar Morin et Florence Burgat, mais aussi l’éthologue et neuropsychiatre Boris Cyrulnik ou l’astrophysicien et président de Humanité et Biodiversité, Hubert Reeves rappellent que si « les animaux ne sont pas des êtres humains, ce n’est pourtant pas la proclamation d’une dignité métaphysique, mais certains attributs – capacité à ressentir le plaisir et la douleur notamment – que les humains partagent avec au moins tous les vertébrés, qui enracinent les droits les plus fondamentaux. « ».
http://www.humanite-biodiversite.fr, oct. 2013.
« Nous vivons dans un monde interdépendant, où le sort de chaque être, quel qu’il soit, est intimement lié à celui des autres.
(…) Nous perpétrons aujourd’hui un massacre d’animaux à une échelle qui, hélas, n’a pas d’égale dans l’histoire de l’humanité. Nous tuons chaque année, pour notre seule consommation, 60 milliards d’animaux terrestres et 1000 milliards d’animaux marins. Cette tuerie, en masse, pose un défi éthique majeur ! Mais il nuit aussi à nos sociétés : cette surconsommation, mauvaise pour notre santé, aggrave, paradoxalement, la faim dans le monde (750 millions de tonnes de céréales sont exportées des pays pauvres pour l’industrie de la viande dans les pays riches), tout en provoquant, de surcroît, une série de déséquilibres écologiques sans précédent (…)
… au rythme actuel, d’ici 2050, 30% de toutes les espèces animales auront disparu, anéanties, de la surface du globe (…)
… les animaux sont capables de jugement. Ils sont dotés, chacun à leur niveau et selon leur espèce, de sensibilité et d’intelligence. »
Matthieu Ricard,
« Plaidoyer pour les animaux », Éd. Allary interview de D.S. Schiffer,
www.lexpress.fr/oct.2014.