Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…
« … pour les confucianistes, le Junzi désigne non plus un être de la caste de la haute noblesse, mais plutôt un « Homme de bien », c’est-à-dire un être noble moralement. Parce que, selon lui, l’être humain est infiniment perfectible, Confucius croyait qu’on pouvait éduquer toute personne pour qu’elle devienne Junzi, sans distinction de classe (…)
L’Homme de bien, à l’opposé de l’Homme de peu, possède le ren, concept difficilement traduisible par un seul mot. D’abord, le ren désigne l’authenticité, l’harmonie avec soi (…) Ensuite, c’est le souci des autres, la mansuétude, la bienveillance. D’ailleurs, Confucius fait de la règle d’or – fais aux autres ce que tu aimerais qu’on te fasse – le centre de sa pensée. »
Catherine Guindon,
http://www.cegepsl.qc.ca/philosophie/files/2009/07/confucius.pdf
« … les actions sont bonnes dans la mesure du bonheur qu’elles procurent, mauvaises, si elles ont pour résultats de produire le contraire du bonheur (…) en général, les philosophes utilitaires ont reconnu la supériorité des plaisirs de l’esprit sur ceux du corps, principalement dans la plus grande durée, certitude, intensité, etc., des premiers, c’est-à-dire plutôt dans les avantages qu’ils procurent que dans leur nature intrinsèque. »
John Stuart Mill,
« De l’utilitarisme », 2, 1863.
« Lorsque les opprimés, les écrasés, les asservis, sous l’emprise de la ruse vindicative de l’impuissance, se mettent à dire : « Soyons le contraire des méchants, c’est-à-dire bons ! Est bon quiconque ne fait violence à personne, quiconque n’offense, ni n’attaque, n’use de représailles et laisse à Dieu le soin de la vengeance… » tout cela veut dire en somme, à l’écouter froidement et sans parti pris : « Nous les faibles, nous sommes décidément faibles ; nous ferons donc bien de ne rien faire de tout ce pour quoi nous ne sommes pas assez forts » – mais cette constatation amère, cette prudence de qualité très inférieure que possède même l’insecte (qui, en cas de danger, fait le mort pour ne rien faire « de trop »), grâce à ce faux monnayage, à cette duperie de soi propre à l’impuissance, a pris les dehors pompeux de la vertu qui sait attendre, qui renonce et se tait, comme si la faiblesse même du faible – c’est-à-dire son essence – était un accomplissement libre, quelque chose de volontairement choisi, un acte de mérite. »
Frédéric Nietzsche, « La généalogie de la morale », 1887, Mercure de France, 1908, p. 66.
Itzhak Stern tient en mains la liste que Oskar Schindler vient de lui dicter, 1100 personnes qu’il sauve d’un camp de la mort en payant pour leur transfert dans un camp de travail :
« Cette liste, c’est le bien absolu. Cette liste, c’est la vie. Tout autour de ces marges, il y a le gouffre. »
« Schindler’s List », film réalisé par Steven Spielberg en 1993,
d’après le roman de Thomas Keneally.