Philosophie

Philosophie, science, religion, morale, physique, métaphysique… les idées ont leur vie propre. Elles se reproduisent, évoluent, se propagent et nous survivent, ainsi via les textes, extraits et citations que nous vous proposons…

« Ce qui caractérise le philosophe et le distingue du vulgaire, c’est qu’il n’admet rien sans preuve, qu’il n’acquiesce point à des notions trompeuses et qu’il pose exactement les limites du certain, du probable et du douteux. »

Denis Diderot,
« Lettre à Sophie Volland », 26 septembre 1762.


« Le philosophe naît dans un monde qu’il ne comprend pas et meurt dans un monde qui ne le comprend pas. »

Anonyme.

« L’objet de la philosophie est de commencer avec une chose si simple que ce n’est même pas la peine d’en parler et de terminer avec quelque chose de si paradoxal que personne ne veut y croire. »

Bertrand Russel (1872-1970)

 

« … une inversion de sens a donc fait que les philosophes ne nous invitent plus à comprendre que leur propre système. Or un système philosophique n’est pas fait pour être compris : il est fait pour faire comprendre (…) Sous prétexte que la vérité philosophique est universelle, le philosophe se croit universel aussi. On parle de l’Être, et on fait de l’esthétique, et on jette les bases d’une sociologie, et on a aussi accessoirement son idée sur la structure du raisonnement mathématique et sur l’indéterminisme en microphysique. Dès lors la philosophie n’est plus qu’un mélange de considérations douteuses, présentées avec la rigueur apparente d’une systématisation artificielle, sur la base de connaissances partielles et vagues. »

Jean-François Revel,
« Pourquoi des philosophes ? », J.-J. Pauvert, 1957, p. 25 et 79.

 

 « … l’homme se mutile chaque fois qu’il prend, en face du réel, une attitude unique. La science, l’art, la politique sont en ce sens sources d’aliénation. Activités légitimes, et nécessaires, elles ne sauraient prétendre à la totalité, et il est clair que le malaise de la civilisation occidentale trouve sa source principale dans la réduction, opérée par le monde moderne, de tous les rapports que l’homme peut avoir avec l’univers, au seul rapport technique. Rappelant, d’abord, que l’homme n’est pas seulement l’objet possible de la connaissance et de l’action, mais aussi leur nécessaire sujet, la réflexion philosophique permet à la conscience de se reprendre. »

Ferdinand Alquié (1906-1985)

« Un philosophe, c’est quelqu’un qui n’a jamais vraiment pu s’habituer au monde. Pour le philosophe, homme ou femme, le monde reste quelque chose d’inexplicable, de mystérieux et d’énigmatique. Les philosophes et les petits enfants ont, par conséquent, une grande qualité en commun. »

Jostein Gaarder,
« Le monde de Sophie », Seuil, 1999, p. 32.

 

 «  … l’invention et la nouveauté à tout prix, le désir d’inédit et le souci de paraître d’avant-garde produisent, en philosophie, et plus particulièrement dans celle du XX e siècle, des monstres systématiques à l’origine d’une rupture avec le public et d’un « devenir secte » d’un certain nombre de cénacles philosophiques abscons. La production d’une philosophie pour philosophes constitue une impasse antiphilosophique. La philosophie n’est pas l’art d’un alphabet nouveau, mais celui de combinaisons nouvelles de mots anciens… »

Michel Onfray,
«Manifeste hédoniste », Éd. Autrement, J’ai lu, 2011, p. 13.